J'y crois pas ! Non mais j'y crois pas ! Je savoure mais j'y crois toujours pas !

Hein, quoi, qu'est-ce,  mais que se passe-t-il donc me direz-vous?

Un MI RA CLE, voilà ce qui se passe. J'en viendrais presque à croire que j'ai enfin réussi à exorciser à la fois Enquiquinus Démonicus ET Enquiquinus Majorus Démonicus. Rendez-vous compte ! Non seulement cela fait 5 jours que les monstros sont supportables mais surtout, surtout, on vient d'avoir les retours de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) à nos demandes concernant Gargamel pour la rentrée, en particulier la demande d'auxiliaire de vie scolaire individuelle (AVSi) et elle est POSITIVE !

Euh, d'accord la Puce, on est content pour toi mais ... en quoi c'est miraculeux ? Il avait déjà une AVS cette année non ?

Hein ? De quoi ? Ah là là, je vois qu'il y a toute votre éducation à faire là ! C'est donc parti pour une explication sur le monde merveilleux de l'aide aux enfants handicapés et l'obtention d'une auxiliaire de vie scolaire (AVS) en particulier. Accrochez-vous bien, ça va râler, critiquer et jurer à tout va dans les lignes qui suivent.

 Alors voilà, quand vous avez un enfant handicapé, quelque soit le type de handicap d'ailleurs, et que vous voulez le scolariser normalement, vous pouvez vous préparer au parcours du combattant. D'abord, parce qu'il faut que l'école publique accepte votre petit monstros adoré que c'est quand même pas sa faute s'il n'est pas comme tout le monde. Dans notre cas, la durée d'acceptation de Gargamel dans le publique a été magistrale ... magistralement courte en fait : une demi journée et demi soit approximativement 4h30 ! Et après, il y en a qui s'étonne que j'ai préféré mettre mes 2 monstros dans le privé. Attention hien, je ne dénigre pas du tout le public. Après tout, je suis issue d'une longue lignée d'enseignantes dans le public et le métier d'instit est un métier dur et ingrat à beaucoup de points de vue. Mais j'ai une très très très grosse dent à l'égard de certaines pratiques et d'une directrice d'école en particulier.

Bon, bref, si vous avez de la chance, vous trouvez rapido une école qui l'accepte mais en général, quelques semaines plus tard, on vous explique gentillement (si cela n'a pas été fait dès l'inscription) que pour son bien-être, ce serait bien qu'il y ait quelqu'un pour s'occuper de lui en plus du personnel "normal". Et qu'il faudrait donc faire une toute chite demande d'AVS. Et c'est parti pour remplir une tonne de paperasse : inscription au registre de la MDPH si c'est pas déjà fait, certificat médical décrivant le handicap et justifiant la demande d'aide, dossier de demande d'aide avec projet de vie de l'enfant, bilans des différents corps médicaux qui suivent votre monstros, rapport de la psychologue scolaire, rapport de l'école etc .... Quelques mois plus tard (si si, faut bien compter ça), le dossier est prêt et complet et envoyé à la MDPH pour avis. Quelques autres mois plus tard (non non, je sais que j'ai énormément d'humour, heureusement d'ailleurs parce que certains jours, ça aide bien, mais là, je blague malheureusement pas du tout), une commission a enfin étudié votre dossier et statue sur la validité de votre demande. Et là, vous recevez un joli papier qui vous informe que "oui madame, votre demande est justifié et la MDPH vous accorde votre AVS à raison de tant d'heures par semaine".

Eh là vous vous extasiez ! Youpi, c'est bon, il aura une AVS à la rentrée (ben oui, à la rentrée parce que vu le nombre de mois déjà écoulés, faut pas compter l'avoir tout de suite quand même). Mais pourquoi ils en font tout un plat à l'école, c'était un peu long mais plutôt facile finalement. Ah ah ah, laissez moi rire pauvres parents naïfs (je dis ça mais la première fois, je me suis faite avoir comme tous les parents débutants). Certes certes, la MDPH vous a dit oui, mais ce n'est que la première étape et elle ne l'engage en RIEN, car ce n'est pas elle qui fournit l'AVS. Elle ne fait que vous donnez l'autorisation d'en avoir une. Pour que votre enfant ait une personne en chère et en os auprès de lui, il faut encore obtenir du rectorat qu'il embauche cette personne pour vous et là, c'est la guerre d'usure qui commence avec d'un côté le responsable du rectorat qui vous explique qu'il a plein de demandes et pas assez de monde ni de crédit, de l'autre coté le directeur d'école qui vous explique qu'il fait ce qu'il peut mais qu'il a du mal à obtenir qu'on lui mette quelqu'un à disposition et du 3ème vous qui faites le sitting auprès des 2 premiers pour avoir enfin quelqu'un à la dite rentrée.

Et après, on vous dit qu'il faut intégrer les handicapés à la société et que tout le monde doit avoir les mêmes chances à l'école. Ben voyons !

Enfin bref, tout ça, c'est dans le cas simple, quand vous pouvez prétendre à une AVS INDIVIDUELLE. Car oui, ami lecteur, il y a plusieurs types d'AVS. L'AVS individuelle ou AVSi, comme son nom l'indique, est attachée à un seul enfant dont elle s'occupe exclusivement pour la durée octroyée par la MDPH. L'autre type d'AVS, que l'on trouve dans les CLIS notamment, c'est l'AVSco pour AVS collective, qui, comme son nom l'indique également, s'occupe de l'ensemble des enfants de la CLIS sans distinction. Or, il est une règle (je dis une règle parce que côté textes législatifs, les avis sur la question sont très partagés comme quoi ce ne serait pas gravé dans le marbre) qui dit qu'en CLIS, comme il y a une AVSco, il n'y a pas besoin d'AVSi parce que ce serait redondant et donc, les MDPH refusent systématiquement les demandes d'AVSi pour les enfants scolarisés en CLIS. Ben oui quoi, déjà qu'il y a peu d'enfants (12 max), une AVSco, une maîtresse (euh, c'est quand même un peu nécessaire) faudrait pas en demander trop ma petite madame m'a-t-on répondu l'an dernier quand j'ai fait ma demande ! Refusée la demande hien je précise.

Ca va, vous avez bien suivi ? Vous saisissez le tableau ? En résumé, avoir une AVS c'est le parcours du combattant et avoir une AVSi en CLIS, c'est mission impossible.

Oui mais voilà, avec le temps, impossible est un mot que j'ai rayé de mon vocabulaire (hum, sauf quand c'est moi que ça arrange bien sûr). Ben oui, on me demande sans arrêt de faire l'impossible pour tout et pour n'importe quoi. Alors forcément, ça finit par influer sur mon comportement. J'ai donc affuté ma plus belle plume et fait chauffer mon clavier (les lecteurs assidus auront remarqué que je n'ai aucun problème pour faire chauffer mon clavier vu la longueur de mes posts) pour pondre un réquisitoire du tonnerre (ah si, je peux bien m'envoyer des fleurs vu que j'ai réussi je vous le rappelle) à opposer à la commission en charge de mon dossier. Et apparemment, j'ai été convainquante (ou alors la longueur de ma prose les a tellement assommée qu'ils ont signé n'importe quoi sans s'en rendre compte) ! Youpi youpi yahou yahou !

Euh, la Puce, t'as pas dit tout à l'heure de ne pas se réjouir parce que c'était pas pour ça qu'il y aurait quelqu'un à la rentrée ?

Oui oui, je sais ! Il faut encore que l'école trouve quelqu'un et puisse l'embaucher (ah oui, parce que dans le privé, l'embauche retombe souvent sur l'école plutôt que sur le rectorat). Seulement il y a quand même de quoi se réjouir puisque sans l'accord de la MDPH, on ne pourrait rien avoir du tout et que dans une situation comme celle-ci, cet accord est rarement obtenu.

Alors voilà, je savoure cette petite victoire en espérant bien sûr qu'elle se concrétisera à la rentrée. Mais comme on dit, il n'y a pas de petits plaisirs et tous les bonheurs sont bons à prendre.