vendredi 9 janvier 2015

Services publics mais pas trop

Dans le temps jadis d'il y a 2 ans, on n'habitait pas à Villebon mais à Palaiseau. Alors bon, c'est juste à côté (d'ailleurs, notre ancien appart est à 5 mn en voiture de notre maison) mais ça, c'est pas le sujet. Le sujet, le vrai, c'est de dire que les services publiques de Palaiseau, chez nous, on connaît.

En particulier, on connaît les écoles maternelles publiques qui ont des problèmes avec leurs instits et les font muter dans d'autres écoles de la ville histoire que d'autres parents se coltinent les dits instits à problèmes au lieu de s'occuper de régler définitivement et sérieusement le problème.

On connaît aussi les directrices d'écoles maternelles publiques qui ne peuvent pas supporter les enfants et les petits garçons en particulier et qui, au lieu de changer de boulot, préfère s'arranger pour tyranniser les enfants, critiques les parents et virer nos chérubins qui ont le mauvais goût de ne pas être comme les autres (de préférence en culpabilisant et menaçant les parents qui n'ont pas assez de problèmes comme ça à gérer).

On connaît les postiers qui ont du mal à lire les n° sur les portes, à trouver les boutons de sonnette ou tout simplement à monter les escaliers et préfèrent glisser un petit mot dans la boite aux lettres en disant que vous êtes absents alors que vous êtes sagement restés à la maison à attendre son passage plutôt que de vous monter votre paquet ou votre recommandé.

On connaît les piscines couvertes et chauffées qui sont ouvertes sans interruption pendant les périodes scolaires mais intégralement fermées pendant la totalité des vacances de Noël et les cinémas qui ne passent pour les plus jeunes quasiment aucun film d'une durée inférieure à 1h30, de préférence avec un début à 11h30 ou pendant la sieste. Alors d'accord, c'est pas à proprement parler un service publique mais c'est bien subventionné quand même.

On connaît aussi les médiathèques qui, quand vous leur proposez de leur apporter plusieurs cartons de bouquins quasi neufs pour garnir leurs étagères parce que bon, on sait jamais, ça pourrait peut-être intéresser des gens ou remplacer des bouquins abîmes, vous envoient sur les roses parce que franchement, ils ont autre chose à faire que de réceptionner des bouquins et de les ranger.

Mais il y a un truc que je ne connaissais pas encore et que j'ai eu l'extrême horreur honneur de découvrir lors que la 1ère sortie à la médiathèque organisée pour la classe d'Azraël, sortie où j'ai accompagné la classe : la bibliothécaire hautement qualifiée. Si si, hautement qualifiée ... non forcément, c'est obligé. Avec un tel sens de la pédagogie, une telle ouverture d'esprit, une telle capacité d'adaptation, une telle écoute des enfants et de leurs questionnements, elle est forcément hautement qualifiée ... ou alors monter sur des échasses parce que j'ai rarement vu quelqu'un vous regarder d'aussi haut avec un air aussi condescendant. Vous l'aurez compris, je vais un peu d'humour là, noir parce que je suis toujours en rogne après la madame, d'autant que je sais que j'aurais l'extrême déplaisir de devoir la supporter à nouveau dans quelques semaines.

Car voilà, mardi dernier, toute la classe d'Azraël s'est rendue à la médiathèque pour découvrir ce que ça pouvait bien être que ce truc-là et faire une initiation au plaisir de la lecture avec "l'heure du conte". C'est quoi est-ce que cette bête là vous demandez vous. C'est bien simple, tout le monde s'enferme dans une salle, les enfants font cercle autour de la bibliothécaire et elle leur lit des histoires qu'elle a elle-même sélectionné (sans consulter personne et surtout pas la maîtresse). Elle choisit bien sûr des histoires hautement morales qui véhiculent des messages multiples avec des illustrations ... ben qui sont ce qu'elles sont mais attention, elle ne montre que les images qui lui plaisent à elle et elle n'explique aucun des messages. Ben non, elle peut pas expliquer, elle lit. Si elle doit expliquer quelque chose, ça va pas, elle perd le fil de son histoire.

Oui, c'est pas bien grave ça la Puce, elle peut expliquer une fois l'histoire finie. Et puis les enfants doivent poser des questions non ?

Halte là malheureux, vous n'y pensez pas ! Non non, à l'heure du conte, il y a des règles à suivre. Les enfants doivent se tenir droit (on n'est pas dans son salon dixit la bibliothécaire herself), ne pas bouger, ne pas parler, ne pas commenter et surtout surtout ne pas poser de questions. Et une fois une histoire finie, on enchaîne avec la suivante. Brefle, côté élévation de l'esprit, développement du sens critique et autre, c'est le désert de Gobie minimum.

Or, il y a un truc fondamental à savoir à propos d'Azraël : il est curieux, se pose plein de questions et adore commenter tout ce qu'il voit et entend.

Pour faire de la soupe au loup, il faut une grande marmite

Maman, pourquoi il faut une marmite ?

Pour faire cuire la soupe dedans.

Ah d'accord.

Il faut aussi ...

ben faut de l'eau !

Euh toi là, tu ne reste pas à côté de maman. Ou alors tu te tais. Je n'aime pas qu'on parle quand je lis.

Chut Azraël

Pour faire de la soupe au loup, il faut aussi de l'eau. Et puis des pommes de terre et des carottes.

Oh, des carottes ! Comme dans la soupe de Kroquela (livre longuement étudié en classe avec réalisation de la dite soupe d'ailleurs)

Oui Azraël, comme dans la soupe de Kroquela

Non, c'est pas possible là. Faut vous taire maintenant. Je n'arrive pas suivre le fil de mon histoire. Alors tu vas t'assoir ailleurs !

... (soupir consterné). Azraël, va t'assoir avec N. (la super Astem de la classe, idole de tous les enfants).

Il faut aussi un loup. Mais j'en ai pas. Allons voir ce qu'il y a dans le garde-manger.

Ben y a un loup !

Ouais, comme quoi, ça a bien servi de privé Azraël du plaisir de profiter que sa maman était là pour l'accompagner pendant la sortie. Personnellement, je trouve que le gros avantage de la lecture, contrairement aux films, c'est qu'on peut s'interrompre sans problème pour voir si les enfants ont bien compris ce qu'on a déjà lu, arrivent à suivre l'histoire et pour les laisser poser leurs questions pour mieux comprendre et développer leur esprit critique. Autant vous dire que j'avais fortement envie de lui rentrer dedans à la madame. Mais vu que la maîtresse était angoissée à l'idée que la classe ne soit plus autorisée à venir si cela se passait mal, je me suis faite violence et j'ai gardé mes opinions pédagogiques pour moi.

Mais quand même, franchement, j'aimerais bien savoir où c'est qu'ils vont les pêcher leurs bibliothécaires ?

Posté par reyhaziel à 22:52 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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