vendredi 27 novembre 2015

Handicapé oui, mais moteur !

Ah là là, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas insurgée contre le traitement réservé aux handicapés de toutes sortes. Mais là, je suis tombée sur un truc tellement aberrant que je ne pouvais le passer sous silence.

Bon, tout le monde connaît la fâcheuse tendance de la société en général à faire de la discrimination vis-à-vis des personnes handicapées (si ce n'était pas le cas, on n'aurait pas besoin d'imposer des quotas aux entreprises pour les pousser à les embaucher).

J'ai aussi déjà mentionné le fait qu'entre les journées du handicap et d'autres actions, on commençait à prendre sérieusement en compte les difficultés rencontrées au quotidien par les travailleurs handicapés mais qu'on se fichait royalement des problèmes des travailleurs valides ayant à charge une personne handicapée (par exemple, tout à fait au hasard, une maman enseignante chercheuse ayant un petit garçon TED et un second qu'on soupçonne de l'être aussi et qui doit le faire dépister incessamment sous peu ... euh, ben moi quoi !).

Sans oublier bien sûr que les enfants handicapés n'ont pas le droit de s'amuser puisque si on prévoit bien la présence d'AESH dans les écoles pour seconder le corps enseignant et aider à leur scolarisation, rien n'est prévu pour faciliter leur intégration dans les centres de loisir où tout se fait selon l'appréciation du personnel et des mairies. Du coup, c'est aux parents d'assurer tout le support financier de la chose (et encore, quand ils ont la chance de ne pas être simplement déclarés indésirables).

Eh bien la semaine dernière (et je peux vous dire que ça m'a travaillé un bon moment), j'ai découvert qu'en plus de la discrimination vis-à-vis des personnes handicapées, il existait une discrimination entre les différents handicaps. Car voilà, en cette fin d'année civile, grâce à mon employeur adoré, j'avais la possibilité d'emmener les monstros voir un spectacle au cirque du soleil à Paris. Trop cool me direz-vous ! Pas si sûr vu qu'entre un Azraël en pleine période de résistance acharnée à l'autorité doublée d'une volonté farouche d'améliorer ses performances théâtrales dans son rôle favori de tyran domestique et un Gargamel hyper actif atteint de Pavarotite aigüe (oui, c'est le petit nom de l'attaque de Pavarotus Démonicus qui fait un retour en force ces jours-ci), je me voyais très mal me pointer au spectacle toute seule avec les 2 monstros. Le petit problème, c'est que l'invitation de mon employeur chéri ne s'adressait qu'à ses employés et leurs enfants. Heureusement, après 6 ans à vivre et gérer les conséquences du handicap de Gargamel, j'ai enfin acquis le réflexe de demander si des choses n'étaient pas prévues pour les personnes handicapées.

Ah bon, tu veux que 2 places ? Mais t'as pas 2 enfants ?

Si si, mais c'est possible de gérer les 2 si je suis toute seule.

Oh c'est dommage !

N'est-ce pas. Mais dis-moi, vu que Gargamel est handicapé, il n'y a pas possibilité pour lui d'avoir un accompagnant. Ça se fait à la cité des sciences.

Ah ben, c'est vrai ça. Je vais me renseigner.

Et quelques jours plus tard.

J'ai la réponse pour l'accompagnant de ton fils.

Oui ?

Alors en fait, les personnes handicapées sont regroupés dans une loge et les accompagnants doivent les attendre à l'extérieur.

Toutes regroupées ? Dans une loge ?

Oui, c'est ça. C'est à cause des fauteuils roulants.

Non mais attends, ça veut dire qu'ils prennent en compte que le handicap moteur là. Moi, c'est un handicap mental ! Et on peut pas laisser un petit garçon tout seul comme ça, handicapé ou pas !

Je sais bien. Mais pour le handicap mental, ils ont rien prévu. Et si tu prends un billet à part, vous pourrez pas être ensemble de toute façon.

Et voilà, Gargamel peut donc faire une croix sur le spectacle. Ce que je n'arrive pas à comprendre dans l'histoire, c'est que le handicap moteur nécessite généralement un investissement financier pour être pris en compte (rampe, place plus large, ascenseur etc ...) alors que le handicap mental demande juste un accompagnant. Et puis pourquoi faire 2 poids 2 mesures ? Pourquoi les handicapés mentaux n'auraient-ils pas droit eu aussi à une vie sociale épanouie ? A croire que cette forme de handicap continue à faire affreusement peur, comme si elle était contagieuse. Et qu'est-ce que je raconte moi, à Azraël, quand il me demande pourquoi son grand frère peut pas venir ou doit être accompagné par Super Nanny alors que lui, il fait les choses tout seul ?

Non franchement, ça m'exaspère, ça me met en rogne et ça me rend triste qu'on puisse se comporter ainsi, en particulier vis-à-vis des enfants alors qu'hypocritement, on prône la tolérance et le respect des autres.

Mais le pire dans tout ça, c'est qu'on ira même pas au cirque avec Azraël parce que quand j'ai rappelé à Chéri qu'on avait ça de prévu ce week-end, il m'a regardé avec des gros yeux en me disant Non mais ça va pas ! Avec les attentats et le COP21 !

Posté par reyhaziel à 12:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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