Il y a quelque temps, j'ai réalisé un pain 100% farine de sarrasin. Enfin un pain ! Un truc plutôt. Immonde ! Mais comme j'aime pas gâcher, j'ai contraint sous la menace Inferno Gran Mom à le manger avec moi vu qu'elle était de passage à la maison (Pitié mamie, reveneeeeez : ça, c'est le cri du coeur de Chéri qui ne s'est pas encore mis de son départ et qui a peur que le pain l'ait fait fuir définitivement). Mais pourquoi diable ai-je bien pu vouloir faire un pain 100% sarrasin vous demandez-vous ? Ben parce que le sarrasin a un IG de 40 voyons ! Et là, vous êtes complètement paumés, vous connaissez pas les IG. Pas de panique et remontons quelques 6 mois en arrière.

Il y a 6 mois, comme tous les ans vu que j'ai un métier à risques ... Mais si M'sieur Madame, enseignant chercheur est un métier à hauts risques. Vous avez déjà essayé d'affronter une armée de petits nétudiants gonflés à bloc et bourrés de questions plus ardues les unes que les autres vous ! Et encore, je me plains pas. C'est rien à côté des instits qui doivent affronter jour après jour des milliards de petites mains collantes et de nez qui coulent (et re si, à la fin d'une journée, les mains et les nez se comptent en milliard). Donc, comme je disais, vu mon métier à risques, tous les ans, j'ai droit à une visite médicale chez le médecin de prévention car il paraîtrait qu'en plus des noeuds à mon pauvre cerveau générés par les horribles questions de mes petits nétudiants, je doive affronter des faisceaux laser (que Yann Solo et Luke Skywalker n'ont qu'à bien se tenir) susceptibles incidemment de faire des petits trous dans mes adorables mirettes et qu'il faille contrôler ma rétine régulièrement vu que la force ne peut pas toujours être avec moi.

Alors je vous rassure tout de suite, mis à part une hypermétropie et une presbytie galopantes, mes yeux se portent à merveille ce qui ne serait apparemment pas le cas de ma silhouette de rêve. Ben quoi ? Qui a osé dire que j'avais pas une silhouette de rêve ? Qu'il se dénonce immédiatement ! C'est totalement faux en plus. A l'époque des hommes des cavernes, mes formes plantureuses correspondaient parfaitement aux canons de beauté. Farpaitement madame ! Bizarrement, face à cet argument pourtant indiscutable, le médecin du travail n'a pas paru convaincu, pas plus que mon médecin de famille d'ailleurs. Tous deux m'ont donc conseillé de perdre un peu (beaucoup) de poids pour soulager mes problèmes de dos et préservez mes artères. Je me suis donc empressée de promettre d'être sage (non je suis pas en train de croiser les doigts derrière mon dos) et d'arrêter mes hold-up chez les chocolatiers du quartier.

Attention toutefois, hors de question pour moi de viser la silhouette de rêve de la femme moderne (une grande tige filiforme si on en croit certains magazines de mode). Mon unique objectif était d'arriver à monter des escaliers sans finir étendue par terre à chercher mon souffle (facile, j'y arrive déjà) et rattraper les monstros à la course (vu que ça court vachement vite un monstros en baskets). Sur ce coup, ça va être plus coton vu mes talons de 6 à 10 cm. Et comme il est hors de question que je troque mes super chaussures trop classes pour des baskets, j'envisage sérieusement de les équiper en escarpins (ça rigolera moins mes lascars !).

Bref, comme chacun sait, pour perdre du poids quand on a un métabolisme qui vous fait grossir à la simple vue d'un éclair au chocolat, pas de mystère : soit on fait un régime, soit on mange équilibrer et on fait du sport. Or il se trouve que ma devise, c'est que le sport NUIT gravement à la santé, mes 5 collègues qui ont repris le sport me l'ont tous largement prouvé avec dans l'ordre chronologique entorse, poignet cassé, épaule déboîtée, côtes fêlées et lumbago. Franchement, ça donne pas envie ! Restait donc le régime sauf que niveau régime, j'ai déjà beaucoup donné et ce, depuis des années. Et là, j'étais vraiment pas motivée pour m'affamer, me frustrer, me torturer le cerveau pour trouver quoi manger et me désespérer devant des résultats quasi inexistants (surtout face aux efforts fournis). Et puis le mois dernier, une collègue m'a parlé du régime à Index Glycémique bas (les fameux IG), un truc inventé par M. Montignac et repris par d'autres depuis. Là, vous allez me dire que c'est comme tous les nouveaux régimes qui sortent, on vous promet la lune genre 15 kilos perdus en un mois sans effort et puis en fait rien ! Sauf que cette méthode existe depuis longtemps, qu'elle s'est progressivement adaptée aux nouvelles découverte en nutrition (initialement, ça ressemblait fort à un régime dissocié, aujourd'hui ce n'est plus le cas), qu'on vous prévient d'office que ça marche mieux pour les messieurs que les dames et que vous en avez pour 6 mois minimum pour une petite dizaine de kilos en changeant radicalement votre régime alimentaire. Pas très encourageant au premier abord ? Certes mais quand on regarde de plus près, on constate que le régime IG bas est un régime très équilibré où on mange de tout (ou presque) en grande quantité (avec Inferno Gran Mom que j'ai mise d'office au régime, on avait du mal à finir nos assiettes certains jours) et avec peu de frustration pour les gourmands car plein de bons petits plats sont possibles y compris de la pâte à tartiner choco noisette ou de la mousse au chocolat. J'ai même découvert plusieurs blogs spécialisés dans les desserts à IG bas avec des entremets qui ont l'air de n'avoir rien à envier à ceux que j'ai réalisé jusqu'à maintenant.

Bon, ok la Puce mais c'est quoi exactement le régime IG bas ? Si vous en voulez toutes les subtilités, je vous conseille d'aller faire un tour ici ou où c'est plutôt bien expliqué (et où on trouve plein de recettes de supers desserts qui donnent envie). Mais en gros, l'idée c'est que les aliments se caractérisent par leur index glycémique, c'est-à-dire la capacité qu'ils ont à faire augmenter notre glycémie (ou taux de sucre dans le sang). Plus l'IG est élevé, plus la glycémie augmente. Cette augmentation provoque la sécrétion d'insuline dont la fonction est de faire baisser le taux de sucre dans le sang en le stockant sous forme de graisse. Conclusion, si vous mangez uniquement des aliments à bas IG, vous ne sécrétez pas d'insuline, vous ne stockez donc pas, voir, vous déstockez. D'ailleurs, ce régime est bien connu des diabétiques (diabète gras surtout) qui l'utilisent non pour maigrir mais pour réguler leur glycémie.

Alors en toute honnêteté, ce régime, jamais je ne l'aurais tenté en temps normal. Pourquoi ça ? D'abord parce qu'il réclame un investissement non négligeable en temps pour maîtriser le concept d'IG et pour préparer ses repas. Car comme on vous le répète inlassablement, il est INTERDIT de sauter un seul repas pour que cela fonctionne. Car sauter un repas provoque un déséquilibre de l'organisme qui se met immédiatement à stocker 2 fois plus au repas suivant. Ensuite parce que je n'ai pas le temps de penser à planifier des repas sur une semaine pour respecter un régime. Et enfin parce que pour avoir accès à tous les secrets de la méthode, il faut lire des bouquins et que j'ai autre chose à faire. Alors comment ça se fait que je m'y sois mise ? Simplement parce que Montignac propose un "coaching en ligne" sur internet (un bien grand mot très à la mode et surtout à viser marketing mais qui correspond exactement au coup de pouce qu'il me fallait pour m'y mettre) et que je suis tombé sur une super promotion qui rendait mon inscription quasi gratuite. Oui parce que c'est payant, faut pas rêver non plus. Résultat : la quasi totalité des infos utiles pour maîtriser la méthode IG bas est fournie dans des fiches pratiques plutôt bien faîtes, toutes une série de recettes compatibles avec le régime est fournie également et surtout on me donne gentillement tous mes menus semaine après semaine avec la liste des courses à faire qui va avec et j'ai plus qu'à suivre les instructions ! Pour moi, c'est le bonheur !

Et cerise sur le gâteau, jusqu'à maintenant, ça fonctionne : moins 3,8kg en 3,5 semaines pour ceux que ça intéresse et un bon nombre de centimètres en moins aux endroits stratégiques (oui, j'ai presque pas perdu en tour de poitrine pour le plus grand bonheur de Chéri, l'essentiel de la perte se concentrant sur ma brioche pour mon plus grand bonheur à moi !)

Alors attention hein, comme on lit souvent sur la blogosphère, j'ai pas de parts chez Montignac (qui a un marketing assez agressif d'ailleurs), on peut très bien se passer de leur coaching en ligne et on trouve plein de bouquins et d'infos sur le sujet sur le net. Ce n'est certainement pas un régime miracle, il demande des efforts et de l'investissement (en temps surtout) et il ne réussit pas à tout le monde. Mais on trouve une communauté sur ce sujet assez active ce qui permet d'échanger quand on se pose des questions. Et vu qu'il fonctionne très bien pour moi, j'ai eu envie de faire partager cette découverte au cas où cela intéresserait quelqu'un.

Pour l'instant, à part le pain intégral, je n'ai pas encore réalisé de recettes à IG bas que j'ai envie de partager (sauf peut-être les poires pochées au chocolat) mais je pense que j'en publierai quand même quelques unes au fil du temps. Et comme la méthode nous apprend également à gérer les écarts, il est certain que Pâtissus va continuer à sévir à la maison pendant encore un moment.

Ce qui nous ramène à notre fameux pain 100% sarrasin du début. Inferno Gran Mom, c'est bon, tu peux revenir. J'ai tout compris ! En fait, il y a farine et farine. Car bêtement, je pensais qu'à partir du moment où on avait de la farine, on pouvait faire du pain. Eh bien non ! Comme quoi, n'est pas boulanger qui veut. Certaines farines étant totalement dépourvues de gluten (le truc qui permet à la levure de boulangerie de faire lever la pâte à pain), la pâte ne peut pas lever. On se retrouve donc à manger un bloc de sciure ! Et devinez quoi à propos du sarrasin .... Bingo, c'est une farine sans gluten. Forte de cette information, j'ai repris ma recette avec de la farine de blé intégrale (à ne pas confondre avec la complète qui n'est pas bonne pour le régime IG) T150. Et là, miracle, j'ai obtenu un joli pain. La preuve.

IMG_0050

IMG_0055

IMG_0053

Dans celui-ci, j'ai ajouté des noix (IG 15). C'est sympa et ça l'ait l'IG global du pain à 45. Et avec de la pâte à tartiner choco noisette dessus le matin au petit déj, c'est génial.

Pain à la farine intégrale T150 (IG 45) (réalisable avec n'importe quel autre farine convenant à la panification)

  • 300 gr de farine intégrale T150
  • 225 gr d'eau non chlorée, tempérée (hydratation de 75%)
  • 8 gr de levure sèche
  • 6 gr de sel
  • facultatif : 9 gr de levain déshydraté (d'épautre pour moi mais un autre convient aussi)
  • facultatif : garniture au choix comme noix, figues séchées, abricot sec etc ... Selon la garniture, l'IG pourra éventuellement augmenter.

Le levain n'est pas obligatoire ici mais outre le fait qu'il aide à la levée (et réduit donc le temps de réalisation), il donne un petit goût et un parfum sympa au pain.

Mettre l'eau à tiédir puis y verser la levure. Réservez pendant 5-10 mn le temps que la levure se réhydrate. Bien délayer et y ajouter le levain si vous avez décidez de l'utiliser. Dans un saladier, mettre la farine et le sel et bien mélanger. Ajouter le mélange eau levure levain et commencez à pétrir jusqu'à ce que vous puissiez former une boule. Videz alors le saladier sur le plan de travail et continuer le pétrissage pendant 10 mn.

Replacer la boule de pâte dans le saladier, couvrer avec un torchon humide et placer dans votre four en mode étuve (40-50°C) pour la première levée. Normalement au bout de 1h30-2h (ça dépend de la température et de la farine), la boule a doublé de volume.

Mettre la pâte sur le plan de travail pour un nouveau pétrissage (2-3 mn) histoire de bien chasser l'air. Si vous avez choisi d'ajouter une garniture, c'est au moment de ce pétrissage que vous l'ajoutez. Elle sera ainsi bien répartie dans la pâte. Graissez un moule à cake rectangulaire. Avec la boule, façonner un boudin de la taille du moule et mettre le à l'intérieur. Bien farinez la surface et pratiquer 3 incisions. Remettre le torchon humide sur le moule et placer dans le four mode étuve pour la seconde pousse. Après 45mn-1h, contrôler que le pâte ne touche pas le torchon. Si la pâte touche le torchon, enlevez ce dernier et finissez la levée sans couvrir. Après 1h30 environ (ça peut être plus long selon la température et la farine), le pain a bien gonflé.

On le sort du four. On installe une lèche frite le plus bas possible dans le four, on met un grille sur le gradin juste au dessus et on préchauffe le four à 240°C. Quand le four est chaud, on enfourne le pain, on verse un verre d'eau dans la lèche frite et on ferme immédiatement le four. Le but du verre d'eau est de faire de la vapeur ce qui permet d'obtenir une belle croûte fine et dorée sur le pain. On fait cuire 35-45 mn environ. Quand il est cuit, on sort le pain du four et on le met à refroidir sur une grille.

Ce pain se conserve très bien dans un sac hermétique pendant plusieurs jours voir une semaine entière.