Eh oui, depuis quelques temps, c'est de mal en pire. Azraël a la frousse. Impossible de savoir pourquoi ni ce qui se passe dans sa petite tête. Tout a commencé un soir comme les autres il y a quelques semaines de cela, au moment du coucher.

Dis maman, tu peux rester dormir avec moi. S'il te plaît !

Ah mais non. Toi tu dors dans ta chambre et moi dans la mienne.

Mais hier dans longtemps t'as dormi dans ma chambre !

(oui, Azraël et la notion du temps, ça fait encore au moins 2)

Heiiiin ?

Mais si t'étais là sur un matelas ! (en désignant le pied de son lit)

Ok, je vois. Mais Azraël, je ne fais ça que quand tu es très malade. Allez, maintenant tu dors.

Bien évidemment comme vous vous en doutez, le lendemain au coucher, Azraël m'a fièrement annoncé qu'il était crès crès malade et qu'il avait envie de vomir. Bizarrement, la perspective d'être privé de bonbons, glaces et gâteaux (incompatibles avec une envie de vomir) et mis au régime carottes l'a brutalement guéri. Mais quelques soirs plus tard.

Maman, tu peux venir avec moi aux toilettes ?

Ben pourquoi ? T'es plus un bébé, tu peux y aller tout seul.

Mais maman j'ai peur. Il y a un monstre aux toillettes qui veut me manger !

...

(énorme soupir)

Il n'y a pas de monstres aux toillettes. Allez, dépêche toi.

Et toute la semaine, on a continué dans le même registre. Un coup, il avait peur la nuit à cause du miroir dans sa chambre où il croyait voir un monstre. On a donc recouvert le miroir d'un drap. Ensuite c'était les reflets dans les vitres le problème, on a donc réinstallé un rideau. Et plus le temps passait, plus les larmes de crocodiles perlaient à ses yeux pour finir enfin il y a 3 semaines par une vraie crise de larmes. Et là, j'ai cédé. J'ai pris mon portable, j'ai mis la luminosité de l'écran au minimum et je me suis installée dans sa chambre pour bouquiner jusqu'à ce qu'il s'endorme.

Ok, je vous vois venir. Vous vous dîtes que là, elle s'est faite avoir en beauté la Puce. Certes, c'est de l'ordre des choses possibles. Et en temps normal, je n'aurais pas cédé seulement voilà. En plus de se retenir au point d'en mouiller parfois son pantalon plutôt que d'aller tout seul aux toilettes et de voir des monstres partout dans sa chambre, Azraël a piqué une véritable crise d'angoisse au beau milieu d'un après-midi tranquille à la maison en sortant de son bain (juste que vous compreniez

comment qu'il m'a bien prise par surprise ce coup là).

Dis maman, elle est où mamie d'Oléron ?

Ben elle est à Oléron dans sa maison. Mais elle va venir à Noël.

Et pourquoi tu l'appelles maman ? C'est pas une maman c'est une mamie !

Alors Azraël, Mamie c'est ta mamie à toi mais c'est aussi ma maman à moi. C'est à la fois une mamie et une maman.

Et toi t'es aussi une mamie ?

Ben non, mais un jour, j'espère bien.

Hein ? Comment c'est possible ?

Eh bien tu vas grandir et un jour, j'espère que tu auras des enfants toi aussi. Et moi, je serai ta maman à toi et leur mamie à eux.

Et tu vas devenir vieille ?

Ben oui.

Noooon, je veux pas que tu meures ! Je vais être cro criste !

Et voilà mon Azraël transformé en fontaine larmoyante. J'ai mis 20 bonnes minutes à le consoler et à lui expliquer que mon décès n'était pas pour tout de suite et que non non, je n'allais pas mourrir. Alors certes, depuis plusieurs semaines, Azraël passe son temps à mourir lui-même pour des raisons aussi diverses que variées et à tuer tout le monde accessoirement et il paraît que c'est un passage obligatoire dans l'évolution d'un enfant. Mais là, ça commence à prendre de drôles de proportions.

Quant à moi, j'ai dû renoncer momemtanément à mes séances couture du soir (autant dire que mes projets couture avancent à la vitesse d'un escargot) vu qu'il n'y a rien à faire pour le déstresser et que je suis coincée avec lui tous mes débuts de soirée. Alors si vous avez vécu la même chose, je suis preneuse de toutes les bonnes idées pour remédier à la situation. Et je croise les doigts pour que la psy qu'on doit enfin rencontrer pour la première fois la semaine prochaine ait une solution miracle parce que j'avoue qu'en bonne mère indigne, ça commence à me gonfler sérieusement cette histoire.

Enfin, en même temps, je suis tranquille pour blogger !