Houla houla, mais ça fait des siècles que je vous ai promis des recettes de brioches testées et validées par l'ensemble des Inferno (et accessoirement une bonne partie de mon labo). Heureusement pour vous (et malheureusement pour moi), nos vacances oléronnaises sont terminées et, pour la plus grande joie de Pâtissus, j'ai retrouvé le chemin de mon four et de D'artagnan, ce qui m'a permis de prendre plein de photos pour vous aider à réaliser une superbe brioché tressée inratable. Attention toutefois, si c'est une brioche au bon goût de beurre frais que vous voulez, passez votre chemin et attendez mes prochains posts sur le sujet. Cette brioche là est faite pour épater la galerie, avec une plastique à faire pâlir d'envie un top modèle, mais n'a rien à voir avec les briochettes pur beurre de votre boulanger.

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Alors, elle est pas glamour ma brioche !

La recette que je vous présente aujourd'hui, je l'ai trouvé sur Cuisine de GUT et comme souvent pour les pâtes levées, j'ai changé en partie la façon de procéder. Mais pourquoi que j'me fatigue à changer la façon de faire pour une recette qui a l'air de fonctionner, et ça sans même me donner la peine de tester la méthodologie d'origine vous demandez-vous ! Mais pour 2 raisons très simples. D'abord, parce que quand j'ai commencé la pâtisserie, je n'avais pas de robot donc je faisais tout à la main. Et quand on doit tout faire à la main, on aime quand c'est simple et pas trop long (et pas trop fatigant non plus si possible). Sinon, avec les pâtes levées, on finit avec des épaules de camionneur je vous le rappelle. Ce qui m'amène à la seconde raison : je suis une énoooorme FAINÉASSE ! Si si, j'ai pas l'air comme ça mais en pâtisserie, moins je peux en faire et mieux je me porte. C'est vrai en général (et encore plus pour les pâtes levées qui demandent un long pétrissage) et si je peux squizer une étape, ben j'aime autant vous dire que je ne vais pas me gêner. Alors quand j'ai lu la recette de Gut et que j'ai vu le nombre d'interruptions pour rajout d'ingrédients, avec la levure déshydratée incorporée sans la moindre réhydratation (et ceux qui me suivent savent ce que je pense de la chose sinon ils peuvent se rafraîchir la mémoire par ici), j'ai tout de suite décidé de simplifier tout ça.

Alors je sais, j'ai l'air de critiquer et tout et on se demande ce qu'elle a de bien cette fichue recette finalement. Ben plein de choses en fait. D'abord, la texture de la pâte. Elle ressemble fortement à une pâte à pain au lait ou à pain brioché, plutôt légère en beurre ce qui explique que cette brioche tressée soit facile à réussir (pour rappel, plus la pâte est riche en matière grasse, plus elle est dure à faire lever). Elle est donc peu sucrée mais reste bien moelleuse à l'intérieur après cuisson, avec une mie légère et filante (pour ceux qui connaissent pas le terme, la mie semble former des fils quand on rompt la brioche).

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Là, vous les voyez les fils ?

Et avant cuisson, cette pâte est suffisamment ferme pour être travaillée facilement. On échappe ainsi aux étapes de réfrigération généralement nécessaire pour pouvoir tresser la brioche. Encore mieux, elle gonfle très bien et ne s'effondre pas sous son propre poids lors de la levée. Pas de top modèle anorexique donc mais une brioche aux courbes voluptueuses et tentatrices. Bref, cette pâte est parfaite pour réussir une tresse magnifique qui laissera pantois vos invités et les fera littéralement baver d'envie (prendre alors garde à ce que la brioche soit suffisamment éloignée pour ne pas finir détrempée et perdre nettement côté glamour). Non sans rire, la première fois que j'en ai apporté une au labo, tout le monde croyait que je l'avais acheté chez le boulanger tellement qu'elle était belle et qu'elle sentait bon.

Ensuite, la technique de cuisson avec son démarrage à froid. Absolument génial en cas de brioche pétocharde qui aurait des velléités de se dégonfler face à un four débordant d'une passion brûlante.

Enfin, car si les stars aiment se faire désirer, perso, j'aime pas trop attendre, un temps de levée relativement réduit pour ce type de brioche (2h environ au total) ce qui permet de la faire sans stress en début d'après-midi pour le goûter. Et on peut alors la déguster directement à la sortie du four (ou presque) et franchement, c'est top ! 

Niveau gustatif, elle est bonne mais pas transcendante (et le premier qui dit le contraire est un vilain menteur) ce qui est parfaitement normal vu qu'elle est pauvre en beurre. Ben oui, chacun sait que la meilleure brioche, c'est celle où il y a quasiment autant de beurre que de farine, qui te fond sur la langue et se suffit largement à elle-même. Mais avantage de son inconvénient, elle peut soit se manger telle quelle (vu qu'elle est quand même légèrement sucrée), soit en tartine car elle se tient parfaitement après découpe. Gargamel en est fou avec du nutella maison et Azraël l'adore avec un peu de confiture de fraises. C'est la brioche que je recommanderais pour le petit déj ou le goûter accompagnée d'un chocolat chaud ou toute autre boisson où lui faire faire trempette. Oui parce que mon honnêteté foncière m'oblige à préciser que, sans un liquide quelconque d'accompagnement, vous risquez fort de finir à la une du 20h pour avoir fait trépasser par étouffement l'ensemble de vos convives. Bon ok, j'exagère un chouia, mais un chouia seulement.

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Allez, trêve de blabla. C'est parti pour la recette.

La brioche tressée pour les nuls tellement belle qu'Adriana Karembeu peut aller se rhabiller (permettant que couper une vingtaine de tranches de 1 à 2 cm d'épaisseur)

  • 250 gr de farine T45 
  • 100 gr de lait + un peu pour la dorure
  • 75 gr de beurre bien mou coupé en petits morceaux
  • 40 gr de sucre en poudre
  • 1  oeuf entier + 1 jaune pour la dorure
  • 6 gr de sel
  • 1 sachet de levure déshydratée (sans faire de pub, j'utilise des sachets de 8 gr de levure de boulanger Vahiné équivalent à 24 gr de levure fraîche)
  • Sucre en grains pour la déco

Dans un petit bol, on met le lait à tiédir 20 secondes au micro-onde puis on y verse la levure (on s'assure avant que le lait est bien tiède) pour qu'elle se réhydrate pendant une dizaine de minute. Astuce : quand la levure remonte en paquet à la surface du lait, c'est qu'elle est suffisamment hydratée. Mettre le four à chauffer en position étuve (position étuve, décongélation ou autre, il faut simplement que la température dans le four reste comprise entre 25°C à 50°C).

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La levure bien hydratée qui remonte à la surface du lait et la pâte bien pétrie qui se détache des bords.

Dans un saladier, on met la farine, le sel et le sucre. On mélange bien à la cuillère. On ajoute l'oeuf entier préalablement battu et le mélange lait-levure et c'est parti pour 10 mn de pétrissage (manuel ou mécanique). Le but du jeu, c'est d'obtenir une pâte parfaitement homogène et qu'on pourrait presque mettre en boule. On ajoute alors le beurre bien mou petit morceau par petit morceau et on pétrie encore pendant 6 mn au moins. En fait, il faut pétrir jusqu'à ce que le beurre soit parfaitement incorporé et que la pâte se détache des parois du saladier. Si on fait le pétrissage à la main et qu'on est courageux, ne pas hésitez à pétrir jusqu'à 10 mn au lieu de 6. Sortez la pâte du saladier et farinez très très légèrement celui-ci (le but est que la pâte n'attache pas trop pendant la levée). Faire une belle boule avec la pâte que l'on remet dans le saladier. Filmez ou couvrez d'un linge humide et mettre à pousser pendant 1h15 dans votre four transformé en étuve.

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La pâte avant et après la levée. Elle a bien doublée de volume.

Au bout de ce temps, la pâte a largement gonflé. On farine le plan de travail, on y met la pâte, on la dégaze en l'écrasant bien puis on la coupe en 3 morceaux de même poids. On fait des boules avec ces morceaux puis on les transforme en 3 boudins que l'on étire jusqu'à une longueur d'environ 50 cm chacun.

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On dégaze ( je sais, ce n'est pas élégant pour un futur top modèle)

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On coupe en 3 parts de même poids que l'on transforme en ...

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... boudins (décidément, on est encore très loin du top modèle)

On étale une feuille de papier sulfurisé ou une silpat sur la plaque à pâtisserie qui nous servira à cuire la brioche et on y dispose nos 3 boudins en les soudant à une extrémité. A ce stade, il est en effet important de se placer sur la plaque servant à la cuisson car il ne faudra plus manipuler la brioche après sa seconde levée sous peine de voir notre future reine de beauté perdre ses courbes voluptueuses durement acquises et tendre vers le top modèle squelettique. Une fois en place, on va pouvoir commencer à tresser nos boudins, exactement comme on le ferait avec des cheveux. On rabat donc par dessus le boudin central un des boudins latéraux puis l'autre en alternance. On fait attention à ne pas tresser trop serré car il faut penser que ça va encore gonfler.

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Et on commence à tresser.

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On laisse un peu d'espace pour que les boudins puissent gonfler tranquillement.

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Sinon on obtient un truc dans ce genre.

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La tresse terminée

Une fois la tresse terminée, on soude les brins de la seconde extrémité puis on rabat les 2 extrémités sous la tresse. De cette façon, on a de jolies finitions (on planque les parties moches quoi).

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Et une partie moche de planquée, une !

Il ne reste plus qu'à faire pousser pendant 45 mn en étuve pour la seconde fois. Mais avant ça, vous allez, au choix, pulvériser de l'eau ou badigeonner votre tresse avec du lait. L'objectif est de limiter le dessèchement de la pâte pendant la seconde pousse. Certains préconisent plutôt de placer un linge humide sur la brioche pour cette levée. Perso, ça fait longtemps que j'ai laissé tomber la chose. D'abord parce qu'un linge humide, c'est lourd et que ça freine la montée de la brioche qui tente plutôt à s'étaler qu'à prendre de la hauteur. Et comme chacun sait, un top modèle se doit d'être grand, pas large ! Ensuite parce que mes linges humides à moi doivent pas être comme les autres vu qu'ils se collent systématiquement à mes pâtes. Et ensuite, au décollage, traumatisées par cette séparation après une étreinte longue, torride et fusionnelle, ben mes top modèles poussent de tels soupirs dépressifs qu'elles se dégonflent complètement.

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Quand une brioche tressée bien lâche a poussé.

Après 45 mn, votre brioche a pris de l'ampleur. C'est le moment de lui passer sa robe haute couture. On commence par couper son four et ouvrir la porte histoire qu'il refroidisse bien puis qu'on veut faire un démarrage de la cuisson à froid. Puis on sort son jaune d'oeuf que l'on bat avec une cuillère à soupe de lait. On badigeonne alors généreusement mais délicatement (c'est pas le moment de l'effaroucher la pauvre) notre jolie tresse. Afin qu'elle brille de mille feux sur le podium, on la parsème de centaines de diamants. Bon, si on a pas de diamants sous la main, on pourra se contenter de grains de sucre, ça marche aussi (et il paraîtrait que ce serait plus digeste aussi).

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La brioche en habit de lumière

On enfourne le tout sur le second gradin en partant du bas et on allume le four à 160°C chaleur tournante. Avec le démarrage à froid, la brioche va continuer à prendre de l'ampleur en début de cuisson sans risquer le dégonflage que l'on peut parfois observer quand on attend trop longtemps pour mettre une brioche ou une pâte levée à cuire. Après 40mn de cuisson, la brioche est cuite et bien dorée. Si ce n'est pas le cas, on la laisse un peu plus longtemps. Si vous avez l'impression qu'elle dore trop vite, vous pouvez mettre un papier alu dessus à mi-cuisson. Dans tous les cas, je vous conseille de surveiller l'état de votre brioche dès 20 mn de cuisson.

Il ne reste plus qu'à la sortir du four et la laisser refroidir sur une grille.