Qu'on se le dise, ce n'est pas parce qu'on hiberne qu'on est inactif, loin s'en faut. Avec les monstros, entre 2 grasses matinées, on s'est offert une sortie ciné (et il y en a d'autres de prévu d'ailleurs). Avec Chéri aussi accessoirement, pour voir le dernier Star Wars en amoureux, mais comme il ne nous a pas laissé un souvenir impérissable, je n'en parlerai pas.

Avec les monstros donc, nous sommes allé voir le dernier Disney Pixar : COCO.

coco

D'après le cinéma près de chez nous, c'est un film conseillé à partir de 6 ans. L'histoire se passe au pays des morts (dans le folklore mexicain donc pas de zombi baveux en perspective hein, c'est gai, coloré et vivant au possible ce monde des morts). On passe son temps à voir des squelettes, on voit même des esprits disparaître (eh oui, ils font mourir les morts chez Pixar, trop fort !). Il y est question de trahison, d'abandon et pire encore sur la fin mais je ne voudrais pas trop en dire. Alors effectivement, je ne recommanderai peut-être pas à plus jeune s'il est impressionnable. Mais bon, l'ambiance n'est pas glauque du tout, ça danse, ça chante, ça fait la fête et il n'y a guère que la scène finale qui soit vraiment très riche en émotion (Azraël était prêt à verser sa petite larmichette tout émotionné qu'il était tandis que maman pleurait comme une madeleine depuis longtemps). En tout cas, chez nous, malgré une âme sensible quelque peu obnubilée à l'idée de la disparition prochaine de sa mère indigne (j'ai arrêté de compter le nombre de fois où je dois assurer à Azraël que non, j'ai pas prévu de mourir dans les prochains jours ni même dans les prochaines années et que je l'aimerai jusqu'à la fin des temps même quand je serai morte), c'est passé comme une lettre à la poste que c'était trop bien, qu'il faudra absolument qu'on achète le DVD et quand est-ce qu'on va voir le 2 maman s'te plaît s'te plaît s'te plaît.

Euh, mais ça raconte quoi exactement ? Comment ressusciter les morts ? Meuuuh non, pas du tout. Coco, c'est l'histoire de Miguel. Eh oui, Coco n'est pas le nom du héros mais celui de son arrière grand-mère, une bizarrerie qui devient très claire à la fin car sans qu'on s'en doute, toute l'histoire tourne autour de cette arrière grand-mère.

Suite à l'abandon de l'arrière-arrière grand mère de Miguel par son musicien de mari, cette dernière a banni la musique de l'histoire familiale et s'est reconvertie dans la chaussure. Dans la famille de Miguel, tout le monde travaille donc dans la cordonnerie familiale et gare à celui qui ose seulement penser à l'idée de musique. Seulement voilà, Miguel, lui, ne pense qu'à ça : devenir musicien comme son idole Ernesto de la Cruz. Et pour prouver son talent à sa famille, il décide de participer au concours de talents de son village avec sa guitare fabriquée en cachette. Alors évidemment, quand sa grand-mère le surprend, de colère, elle brise la guitare.

Oooooh, c'est pas gentil ça ! Non hein ! Mais loin de se décourager, le petit Miguel réagit. Il lui faut une nouvelle guitare, pas de problème, il va emprunter celle de son idole, qui repose tranquillement dans le mausolée à sa gloire érigé dans le cimetière du village vu qu'il est originaire du même village que Miguel (huuum bizarre bizarre ça !). Mais chacun sait que c'est pas beau de voler les morts. Et bing, voilà notre Miguel maudit et expédié au pays des morts dont il ne pourra repartir que s'il obtient la bénédiction de son arrière-arrière grand mère (ou d'un autre membre de la famille mais comme ils obéissent tous à l'ancêtre, faut pas vraiment compter sur eux). Bien sûr, les conditions imposées par l'ancêtre pour obtenir sa bénédiction sont inacceptables pour Miguel (pensez donc, renoncer pour toujours à la musique) alors voilà notre héros parti en vadrouille à travers le pays des morts à la recherche de son arrière-arrière grand-père musicien pour obtenir sa bénédiction à lui (le seul capable de le comprendre bien sûr). Je m'arrêterai là pour l'histoire, sinon, vous n'aurez plus rien à découvrir.

Cette histoire est très sympa, le rythme est dynamique, l'histoire émouvante juste ce qu'il faut et parfois franchement drôle. Alors bien sûr, ça véhicule pas mal de clichés sur le milieu artistique (en gros, ils sont égocentriques et complètement à l'ouest) mais ça reste raisonnable. Les chansons et la musique sont plutôt réussies elles aussi même si je doute qu'elles obtiennent le succès de celles de la Reine des neiges ou de Vaiana auprès de nos chères têtes blondes.

Derrière l'histoire se cache une critique constructive de la pression familiale sur l'avenir des jeunes, de l'importance de la famille, de son histoire, de ses liens entre les générations qui, s'il faut les cultiver précieusement, ne doivent pas empêcher les enfants de s'épanouir, de faire leurs propres choix et leurs propres erreurs, bref, de les laisser grandir. Mais si la pression familiale, l'intransigence plutôt d'ailleurs, est clairement pointé du doigt, l'attitude de Miguel est elle aussi critiquée dans une moindre mesure. De son séjour au pays des morts, Miguel reviendra transformé, conscient des valeurs que sa grand-mère avait en vain cherché à lui inculquer (et accessoirement que les vitamines sont bonnes pour la santé).

Bref, un film plutôt réussi qui parle du conflit entre les générations en soulignant qu'avec un peu d'écoute de part et d'autre, on arrive à résoudre tous les problèmes mais aussi de l'importance de ne pas oublier ceux qui nous ont quitté et de cultiver leur souvenir dans la joie (car au Méxique, les morts ne nous quittent jamais vraiment mais veillent sur nous et reviennent nous rendre vite tous les ans pour faire connaissance avec les nouveaux venus). Si vous avez la chance qu'il passe encore près de chez vous, je vous le recommande donc. Quelque soit votre âge, vous devriez y trouver votre compte.

Euh, la Puce ? Oui ? Et les poules, le renard et le loup, quel rapport avec Coco ? Ah mais aucun. Ce sont les personnages d'un autre film pour enfants : Le grand méchant renard. Ce film est sorti il y a déjà quelque temps et ne passe certainement plus au cinéma mais on peut le trouver en DVD. Le titre complet est Le grand méchant renard et autres contes car il s'agit en fait de 3 histoires, prétendument 3 pièces de théâtre, racontées par des animaux : Un bébé à livrer, Le grand méchant renard et Il faut sauver Noël.

renard

Un bébé à livrer raconte comment une cigogne fainéante en manque de vacances refourgue le bébé qu'elle devait à livrer à un canard et un lapin idiots pour qu'ils le livrent à sa place. Bien sûr, face à ces 2 irresponsables (ils voulaient le catapulter à l'aide d'un sapin directement chez lui quand même), le cochon (super sérieux et intelligent le cochon) décide de prendre les choses en main. Au cours de leur périple pour livrer le bébé, nos 3 compères manquent de se faire boulotter par un loup, noyer dans un étang, emporter par un boucher, expédier en Chine et j'en passe. Mais mon moment préféré, c'est sans conteste quand le canard et le lapin prennent les commandes d'un avion cargo et lui font faire un créneau en plein ciel (eh oui, vous ne saviez pas que les avions pouvaient stopper net pour amorcer ensuite une marche arrière avec warning sonore le tout en plein ciel ? Mais c'est l'évidence même voyons !)

Le grand méchant renard, elle, est l'histoire d'un renard qui s'obstine à jouer les méchants alors qu'il n'est pas capable de faire de mal à une mouche. La preuve, même les poules se fichent de lui. Et pourtant, ce n'est pas faute de prendre modèle sur le grand méchant loup du coin (le même que celui de la pièce précédente soit dit en passant car la distribution de nos animaux acteurs est tout de même restreinte). En désespoir de cause, notre renard se rabat sur les créatures les plus innocentes du monde : des poussins encore dans leur coquille. Et le voilà qui chaparde 3 oeufs à la poule la plus vindicative du poulailler et les couvent dans le but de boulotter les poussins qui en sortiront. Je vous laisse imaginer ce que se produira à l'éclosion. Cette histoire est à priori la préféré de mes monstros, allez comprendre pourquoi.

La dernière est de saison puisqu'il s'agit pour notre canard et notre lapin idiots de la première histoire de sauver les fêtes de Noël. Pensez donc, ils ont accidentellement tué le père Noël ! Bon, je vous rassure tout de suite, comme tente vainement de le leur faire comprendre le cochon, c'est uniquement un père Noël en plastique qu'ils ont décapité et non le vrai. Mais impossible d'en convaincre nos 2 idiots qui décident de remplacer le père Noël pour distribuer les cadeaux à tous les enfants de la terre. Entre le traîneau bricolé maison qui explose, une bande de chien qui veut les dévorer, un père de famille qui cherche à les aplatir à coup de balai et le vrai père Noël à sauver d'une chute mortelle, nos 3 personnages ne chôment pas mais seront largement récompensés de leurs efforts à la fin évidemment.

Comme il se doit, à chaque fois, tout est bien qui finit bien. Toujours d'après mon cinéma où il est passé, ce film est conseillé à partir de 6 ans et si le contenu me semble effectivement parfaitement convenir pour cet âge (voir même un peu plus jeune), j'avoue que niveau vocabulaire, certaines répliques sont un peu limite (en tout cas, elles titillent mon sens de la politesse et du langage châtié). En tout cas, les monstros ont adoré d'emblée ce DVD. Ils me l'ont d'ailleurs tellement souvent réclamé et visionné qu'ils en connaissent la majorité des dialogues par coeur, signe par excellence de leur engouement. Niveau graphique, ça change totalement des Disney ou des Pixar. Ça fait penser plutôt des illustrations de livres pour enfants qui se seraient mises en mouvement. A ce propos, si le style graphique est un peu naif, l'animation est de très bonne qualité ce qui en fait un dessin animé agréable à regarder. Les histoires sont courtes (environ 25 mn chacune) ce qui est appréciable si on n'a pas le temps ou l'envie de rester planter devant la télé très longtemps car on peut parfaitement interrompre le visionnage à la fin d'une histoire et regarder la suite plus tard. Et pour mes monstros en manque de concentration sur la durée, ce format est parfait car il évite toute longueur inutile. Du coup, le film retient leur attention sur l'intégralité de sa durée.

L'unique but de ces petites histoires est de divertir. Ne cherchez donc pas trop de philosophie ou de grandes idées derrière. Si on devait chercher une seule valeur défendue à travers ses histoires, je pencherais pour la tolérance : tolérer les différences entre les êtres, entre leurs croyances, tolérer le comportement d'autrui ... Mais bon, je vais peut-être chercher un peu loin. En tout cas, si vous cherchez un film pour divertir vos enfants et passez vous-même un moment agréable avec eux (il ne vous mettra certes pas en extase mais il est sympa et certains passages sont fort drôles), je vous le conseille.