Il fait beau, il fait chaud, j'ai une tonne de boulot et des tas de kilos en trop (merci au régime sandwich depuis 3 semaines) sans compter les lessives en retard à gogo. Du coup, j'ai plus rien à me mettre sur le dos !

Alors bien sûr, j'aurais pu me mettre à jour dans mes lessives. J'y ai pensé d'ailleurs, j'avais même commencé (si si je vous jure). Mais Couturus m'a convaincu que me coudre une nouvelle petite robe serait bien plus efficace et rapide. Et comme je suis d'une naïveté abyssale (et d'une fainéantise question lessive encore pire), j'avoue n'avoir pas été bien difficile à convaincre. D'autant que dormait dans mes placards le tissu idéal pour une robe spéciale canicule : un beau petit coupon de double gaze de coton fleurie. C'est vrai quoi, la double gaze, il n'y a pas mieux quand il fait chaud. C'est tout doux, c'est tout léger, c'est super confortable. Je suis une adapte inconditionnelle même si j'ai beaucoup de mal à en trouver avec des motifs qui me plaisent. Son seul défaut : c'est un tissu un peu fragile qui supporte très très mal le découd-vite.

Restait à trouver le modèle à coudre et j'étais en manque sérieux d'inspiration. Jusqu'à ce que je tombe sur les dernières réalisations de Sakiko, une robe issue du Tendance Couture n°16 (le modèle 41 sans les manches), un modèle que j'avais déjà repéré puis oublié mais qui m'apparut soudain comme une évidence pour mon coupon. En plus, j'avais juste assez de tissu pour la faire et le patron était disponible dans ma taille, un 42. C'était forcément un signe ! Couturus avait raison : à bas la lessive et sus à la nouvelle robe !

IMG_8894

J'ai donc commencé immédiatement à recopier le patron. Et là, j'aurais dû me douter que Couturus m'avait pipeauté et que finalement, faire la lessive aurait été bien plus rapide et efficace. D'abord parce que recopier un patron violet clair mélangé avec des lignes noires, bleues foncées et rouges, c'est pas évident évident. Ensuite parce que sur le plan de coupe, la pièce 19 correspond à la fois au fond de poche et au devant de la jupe alors qu'elle a le n°18 sur la liste des pièces à recopier. Et puis, parce que le patron de la poche justement manque sur la planche de patron. Enfin parce que pour une raison qui m'échappe, le bustier devant est en 2 morceaux alors que la parmenture est en un seul morceau. Bref, tout ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille mais non. Parfaitement lobotomisée par un Couturus sur un petit nuage à l'idée de coudre enfin une petite robe et dans une matière qu'il adore, j'y suis allée sans me poser aucune question et sans réaliser le moindre ajustement dans le patron.

J'ai donc coupé mes pièces, assemblé, piqué, surpiqué, admiré, continué et une fois la robe pratiquement finie, j'ai essayé. Et là, là, j'ai pleuré ! Si si, c'était une vraie catastrophe. Le corsage était visiblement trop large, baillait complètement et tombait n'importe comment. Le décolleté était tellement profond qu'il devenait soutien-gorge incompatible. La ceinture, elle, n'était pas assez large. En gros, il n'y avait que la jupe qui tombait bien grâce à des petits plis plats au lieu de fronces (ça faisait pas très joli les fronces, trop bouffant) et elle était pile à la bonne longueur. Bref, au premier abord, il n'y avait rien à en tirer de cette robe ! Et Chéri, qui avait assisté au premier essayage, était mort de rire.

J'ai donc roulé ma robe en boule, je l'ai jeté dans un coin et je suis partie me coucher bien décidée à me remettre à la lessive dès le lendemain matin. Sauf que, bon, c'était de la double gaze quand même ce tissu. Et c'est trop bien la double gaze ! Alors j'ai déroulé la robe, je l'ai bien regardé, je l'ai enfilé sur Madonna malgré ses protestations et j'ai bidouillé. Comme d'habitude, j'ai pu constater que les modèles Tendance Couture ont une taille placée trop bas pour mon petit mètre cinquante cinq (si j'avais été moins pressée, j'y aurai pensé et j'aurai eu moins de problème). Comme les emmanchures étaient un peu trop grandes, j'ai pu réduire la hauteur de buste par le haut. En gros, j'ai réduit de 2 cm la hauteur en reprenant la couture d'épaule ce qui présentait le double avantage de ne pas avoir à découdre toute la ceinture (la double gaze n'y aurait pas résisté) et de réduire d'autant la profondeur du décolleté qui devenait acceptable mais baillait toujours autant. J'ai donc aussi dû créer des plis qui ont entièrement modifié la forme du décolleté simplement pour que le corsage ne baille plus et tombe à peu près correctement.

IMG_2614

Plus vraiment un décolleté en V n'est-il pas !

Restait le problème de la ceinture, pas vraiment possible à changer sans tout abîmer. C'est là que j'ai pensé aux pinces. Oui, vous savez, quand on veut cintrer davantage un vêtement, en particulier au niveau de la cambrure des reins, on peut faire des pinces. Ben là, j'ai fait exactement l'inverse sur une des coutures latérales. Au lieu d'enlever un morceau de tissu en forme de navette pour cintrer, j'ai ajouté un morceau de tissu en forme de navette. Cela me permettait de gagner les 2 cm d'aisance qui me manquaient au niveau de la ceinture sans augmenter la largeur du corsage à la poitrine (que j'avais déjà eu du mal à réduire) ni celle de la jupe où ce n'était pas du tout nécessaire.

IMG_2613

Ma petite navette de tissu rajoutée sur le coté

Au final, après 3 jours de retouche, j'ai obtenu une petite robe mettable (à condition de ne pas y regarder de trop près non plus), confortable et très agréable à porter par temps chaud. Mais qui ne ressemble plus du tout à celle que je pensais me faire.

IMG_2609IMG_2610IMG_2611

IMG_2618IMG_2620

Et voici donc ma participation à l'Opération Déstockage de Scrapaboom, avec un peu de retard pour cause de photos impossibles à publier (une horreur, rien que des carrés blancs j'avais et j'ai toujours pas compris pourquoi).