Bon, je n'ai que quelque photos toutes pourries à vous montrer dans ce post mais je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager la dernière découverte de Pâtissus. Il faut dire aussi que, si j'attends d'arriver à prendre des photos, vu la pression que me mettent les monstros à chaque fois que je fais ce gâteau, on va attendre encore longtemps.

La dernière fois, Gargamel était au garde-à-vous à côté de moi, prêt à se jeter dessus alors même qu'il n'était pas fini. Mais quel est donc ce mystérieux gâteau ? Eh bien c'est l'ultra connu GATEAU ROULE ! Mais attention, pas n'importe lequel, le gâteau roulé japonais et ça, ça change tout.

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Pour celles et ceux d'entre vous qui ont connu les cours d'EMT (en gros, les cours de travaux manuels), c'est là que j'ai appris la recette du gâteau roulé de nos grand-mères, un gâteau que j'aimais beaucoup étant jeune malgré son côté étouffe-chrétien (si si, soyons honnête, la génoise, c'est bourratif et faut bien un chocolat chaud pour faire glisser tout ça). Alors forcément, j'ai tenté d'initier les monstros à la dégustation de ce dessert d'exception. Ben je vous raconte pas le flop ! A la confiture, au chocolat, fait maison ou industriel, le roulé m'est toujours resté sur les bras (avant de descendre allègrement dans mes fesses, mes hanches et mon bidon, je vous laisse deviner pourquoi).

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Bref, j'avais fait mon deuil de ce grand classique quand, tout à fait par hasard vu que je ne vais jamais, au grand jamais, voir aucune des merveilleuses recettes qu'elle publie, je tombe nez à roulé sur la recette de Maîtresse Valérie vantant les mérites de cette version japonaise à la texture étonnante. Ça tombait bien, j'avais une boite d'oeufs à faire cuire d'urgence, une envie de sablés et Pâtissus se plaignait de faire tout le temps des 4 quarts et des chiffon cakes (pauvre Pâtissus, avec mon manque de temps chronique, il a dû laisser tomber les gâteaux sophistiqués et doit se contenter de rêver devant "Le plus grand pâtissier" sur M6). Et puis je venais juste de refaire mon stock de pâte à tartiner maison. Alors je me suis dit et pourquoi pas et la découverte par les monstros fut une expérience fascinante. J'ai vu leurs frimousses passées de la moue dépitée agrémentée d'un soupir résigné à des yeux écarquillés agrémentés d'un "mrusucrobusutru" (traduire par "mais c'est trop bon ce truc") immédiatement suivis par un goinfrage en règle.

J'aime autant vous dire que lors des rééditions du dit gâteau, on est passé directement à la phase goinfrage en règle agrémentée d'une myriade d'étoiles dans les mirettes. C'est tout juste si je n'ai pas dû me fâcher pour les empêcher de tout boulotter d'un coup (et pour un roulé de quelques 25 cm de long sur 8-10 cm de diamètre, ça fait réfléchir).

Il faut dire que ce roulé japonais n'a vraiment rien à voir avec celui à base de génoise. Non seulement le goût est différent (mais pas tant que ça) mais surtout la texture n'a vraiment rien à voir. C'est fondant, un peu élastique et pas étouffant du tout. Je ne sais pas vraiment comment décrire cette texture, il faut goûter pour comprendre. Chez les Inferno, tout le monde l'a adopté dans sa version au nutella maison et il fait incontestablement parti du top 5 des gâteaux préférés des monstros. En plus, il est tout simple à faire. Son seul inconvénient, il demande beaucoup d'oeufs et tout particulièrement de blancs d'oeufs dans sa réalisation. Si vous n'en avez pas en stock dans votre congel, vous allez vous retrouver facilement avec 4-5 jaunes sur les bras. Dans ce cas, pas de panique, j'ai justement en stock pour vous une recette de palets bretons ne nécessitant que des jaunes et encore plus simple à faire (on met tout dans un mixer et hop, la pâte est prête).

Allez, c'est parti pour la recette

Gâteau roulé à la japonaise (pour 2 monstros ou 8 convives qui savent se tenir)

  • 75 g d’eau
  • 75 g de lait demi-écrémé
  • 2 g de sel
  • 3 g de sucre
  • 35 g de beurre
  • 70 g de farine type 55
  • 150 g d’œufs entiers (environ 3 oeufs moyens)
  • 50 g d’huile neutre (colza, tournesol ou pépin de raisin par exemple. On va éviter l'huile d'olives)
  • 150 g de blancs d’oeuf (entre 4 et 6 selon la taille de vos oeufs)
  • 80 g de sucre

On va commencer par préparer une pâte à choux. Oui, je sais, ça étonne, voir ça fait peur mais toute la subtilité de ce gâteau vient de la meringue française (pour la légèreté) et de l'huile (pour la souplesse) qu'on va ajouter à la pâte à choux.

Dans une casserole, on met donc 75 g de lait, 75 g d'eau, 2 g de sel, 3 g de sucre et les 35 g de beurre coupés en petits dés (c'est important pour qu'il fonde plus vite). On met tout ça à chauffer à feu moyen-vif (moi, je mets 8 sur ma plaque qui monte à 12) et on coupe le feu dès que tout le beurre est fondu.

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C'est pas grave si ça bout pas, c'est pas le but et il faut même mieux éviter pour limiter l'évaporation des liquides. Hors du feu donc, on ajoute la farine d'un coup et on mélange à la cuillère magique ou au fouet (ou même à la cuillère à soupe) jusqu'à ce qu'on ait une belle pâte bien lisse. On remet sur feu moyen pendant 1 mm pour assécher la pâte en remuant sans arrêt. Il faut maintenant la faire redescendre en température. Pour ça, on étale la pâte dans un plat bien froid (typiquement un grand saladier dans lequel vous allez poursuivre votre préparation) et on prépare la suite pendant que la température descend.

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On met donc le four à préchauffer à 190 °C. Dans un saladier, on va battre nos oeufs entiers et en réserver 150 g. Dans un autre saladier (ou le bol de son robot), on met nos 150 g de blanc d'oeufs et on y ajoute 80 g de sucre. On monte alors les blancs en meringue jusqu'à former le fameux bec d'oiseau et on réserve.

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La panade (la préparation mise à refroidir) doit maintenant être suffisamment redescendue en température. On y ajoute alors un tiers des oeufs battus et on mélange bien. Au début, on a l'impression qu'on n'y arrivera jamais mais en fait, ça finit toujours par se mélanger. Quand le mélange est homogène, on y ajoute un second tiers d'oeufs battus et on mélange. Puis le reste des oeufs battus. On obtient alors une pâte bien lisse et homogène mais nettement plus liquide que la pâte à choux classique. On ajoute enfin nos 50 g d'huile et on touille.

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On prend alors notre meringue française et on en verse un tiers dans la pâte à choux afin de détendre cette dernière. On mélange délicatement à la marise afin de ne pas faire retomber les blancs. Quand tout est bien homogène, on rajoute le reste de la meringue en 2 fois et en mélangeant à nouveau délicatement à la marise à chaque fois. La pâte est à présent terminée, on va pouvoir la faire cuire.

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Pour la cuisson, on a le choix. Soit vous avez un très grand plat rectangulaire et vous pourrez l'utiliser à condition de bien le graisser et/ou de le chemiser. Soit, comme moi, vous n'en avez pas et vous allez vous servir de votre plaque à pâtisserie recouvert d'une silpat ou d'une feuille de papier sulfurisé. Dans tous les cas, pour éviter les mauvaises surprises, je vous conseille de graisser. Versez la pâte et étalez la bien pour avoir un beau rectangle.

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Attention à ne pas aller trop près des bords si vous utilisez une plaque avec des touts petits rebords car la pâte gonfle à la cuisson et pourrait déborder. Vous avez tout bien étalé ? C'est le moment de mettre au four pour 14 mn environ. Le biscuit doit prendre une belle couleur dorée et uniforme. Quand il est cuit, on le sort du four, on l'enlève de la plaque ou du plat de cuisson et on laisse refroidir tel quel (sur sa silpat ou son papier).

Quand le biscuit est assez froid, on le recouvre d'un papier sulfurisé (il va nous servir pour rouler le gâteau si besoin), on le retourne et on enlève délicatement la silpat ou le papier de cuisson. Il ne reste plus qu'à recouvrir d'une généreuse couche de pâte à tartiner maison (ou d'autre chose, c'est vous qui voyez) et à rouler la bestiole.

Petite précision : quand on roule le gâteau, on peut soit le faire à la sauvage (en gros, on prend ses petits doigts, on soulève délicatement le bord du gâteau et on roule) soit en s'aidant du papier. Dans les 2 cas, les bords du gâteau, légèrement desséchés par la cuisson, ont tendance à se casser et à déchirer le biscuit. N'hésitez pas à les couper si cela devient trop problématique.

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Vous voyez les fentes dans le bord du gâteau au fond ?

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Et voilà, il ne reste plus qu'à couper les entames (n'ayez aucune crainte, ce ne sera pas perdu, vos enfants se jetteront voracement dessus comme sur le reste, en tout cas, c'est ce que font les monstros) pour avoir une finition un peu propre et à se régaler.