Parce qu'il n'y a pas que les entremets, les gravity cake, les charlottes, les fantastiks et autres gâteaux "haute couture" dans la vie, ce week-end, j'ai eu envie de revenir un peu aux fondamentaux en faisant un bête gâteau au chocolat.

Bon ok, Pâtissus avait remarquablement foiré sa brioche feuilletée la veille et après 4h de boulot perdu ou presque, je l'ai renvoyé dans ses 22 quand il a émis la simple hypothèse d'enchainer avec un layer cake, vu qu'on venait juste d'en découvrir une recette sur le blog de Valérie. Oui, vous savez, les gâteaux à étages où tu mets de la ganache ou autre crème au beurre entre les étages et que tu recouvres ensuite allègrement d'une nouvelle couche de ganache (comme mon gâteau arc-en-ciel quoi).

Ceci dit, si je n'étais pas disposée à faire un layer cake, le biscuit chocolat me tentait bien lui. Serait-ce là une recette enfin validée avec enthousiasme par Gargamel ET Azraël ET Chéri ? Oui parce qu'en matière de gâteau type cake et de gâteau au chocolat en particulier, trouver une recette qui plaise à l'intégralité de mes hommes relève tellement de l'impossible que M. Phelps n'accepterait jamais une telle mission et que ce blog s'autodétruirait pour rien ! Parce que si Gargamel aime le chocolat, il n'aime pas tous les chocolats et n'apprécie que modérément les cakes. Parce qu'Azraël n'apprécie que modérément le chocolat (en fait, il aime surtout le mauvais chocolat, celui qui contient plein de sucre et de gras bouuuhouuuuhouuuu il sait pas qu'est bon ce gosse !) et qu'il n'aime pas les cakes (sauf le Chiffon Cake) bien qu'il m'en réclame systématiquement un pour son anniversaire en me disant que c'est super bon mais je soupçonne que ce soit seulement pour épater la galerie avec un super beau gâteau. Parce que Chéri .... ah ben non tiens, en fait, Chéri, il est pas trop difficile à satisfaire question gâteau. Mais quand même, il ne faut pas que ce soit trop sucré. Mouais, y a toujours un truc finalement.

Bref, la recette avait l'air sympa et les biscuits bien moelleux. Pas question toutefois de cuire ça en galette à layer cake. Sans ganache pour apporter et conserver l'humidité du biscuit, je courais le risque de me retrouver avec un étouffe chrétien sur les bras à boulotter moi-même pour le plus grand désespoir de ma balance et de ma garde-robe. Certes, j'ai toujours la possibilité d'écouler ma production au labo mais bon, autant j'aime bien utiliser mes collègues comme cobaye, autant j'aime pas apporter un truc que je sais pas terrible à manger juste pour pas culpabiliser en le mettant à la poubelle. Pour mettre toutes les chances de mon côté, j'ai donc décidé d'un commun accord avec moi-même, Pâtissus ayant déclaré forfait sur ce coup (gâteau pas assez technique qu'il m'a dit l'hypocrite), de le réaliser façon Chiffon Cake.

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Tadam ! Mon beau gâteau tout bien gonflé avec son trou au milieu.

Comme c'était une première, je ne savais pas trop à quoi m'attendre au découpage et j'avoue ne pas avoir été déçue du tout. Grace à la cuisson douce, au moule spécial angel cake qui permet de réduire le temps de cuisson puisqu'on a un trou au centre, au refroidissement dans le moule qui empêche le gâteau de sécher, on se retrouve avec un cake au chocolat très léger et bien moelleux, presque autant qu'un chiffon cake (mais pas tout à fait quand même) et qui m'a valu de très surprenants commentaires d'Azraël.

Bon allez, je coupe. Huuum, il a l'air magnifique ce gâteau.

Mais c'est normal maman voyons. C'est toi qui l'a fait !

Ooooh, c'est gentil ça mon Azraël.

(alors là, je tombe des nues parce que c'est bien la première fois que j'ai droit direct à un compliment)

J'espère qu'il sera bon.

Mais maman, c'est un gâteau fait maison. Et les gâteaux fait maison, c'est toujours bon !

...

(silence stupéfait et doublement instantané de la part de gâteau d'Azraël)

Oui parce que, généralement, quand je pâtisse, soit le résultat est répoussé dédaigneusement à la première bouchée et échangé contre un biscuit industriel quelconque (c'était bien la peine que je passe 3h en cuisine tiens), soit englouti en 30 secondes sans aucun compliment qui ne soit arraché sous la torture (à croire que ça leur écorcherait la bouche d'en faire un spontanément) alors que les critiques n'ont bizarrement aucun mal à sortir ELLES ! Alors franchement, sur ce coup, je n'ai pas boudé mon plaisir ! Faudra quand même que je retienne sa remarque sur les gâteaux maison pour la prochaine fois où il me sortira que mon gâteau il est un peu pas bon quand même ! (ce qui est toujours moins hypocrite que son célèbre il est très bon ton gâteau maman mais j'en veux pas. Au fait, je peux avoir un Prince ?)

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C'est pas beau ça ?

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A titre de comparaison, une tranche de Chiffon Cake. On voit que la mie est un peu plus aérée mais pas de beaucoup.

Il se trouve qu'après engloutissement d'une première part, second service, re-engloutissement, troisième service, re-re-engloutissement, refus de 4ème service, j'ai quand même eu droit à un C'était trop bon de la part des 2 monstros. Chériquant à lui, s'est contenté d'un il était très bon ce gâteau. Après m'être précipitée dehors, avoir observé le ciel, noté avec satisfaction qu'aucun astéroïde ne s'apprêtait à nous tomber dessus et que ce n'était ni la fin du monde ni l'appocalypse, j'ai pu procéder en toute bonne conscience à une petite danse de la victoire et réviser ma définition du mot IMPOSSIBLE (enfoncez M. Phelps ! ). Sonnez trompettes, résonnez hautbois, c'était bon, on viennait de trouver LA recette de gâteau au chocolat qui fait l'unanimité. Et comme je suis une fille sympa, m'en va vous la donner vu que j'ai procédé à quelques modifications comparées à celle de Valérie. Cette recette est basée sur celle du Molly Cake que l'on trouve beaucoup sur la blogsphère des accro au Cake Design, un gâteau qui doit sa légèreté au remplacement du beurre par de la crème liquide entière.

Pas de photos en cours de réalisation, désolée, mais comme je n'y croyais pas trop, j'ai pas pris la peine d'en prendre.

Molly Cake au chocolat (pour un moule à angel cake de 17 cm environ ou un petit moule à kouglof)

  • 150 g de crème liquide entière bien froide
  • 120 g de farine T55
  • 30 g de cacao amer en poudre
  • 75 g de sucre en poudre
  • 75 g de sucre muscovado (on en trouve maintenant dans certaines grandes surfaces mais si vous n'en avez pas, de la vergoise brune fait très bien l'affaire)
  • 1 g de sel
  • 6 g de levure chimique
  • 100 g d'oeufs (environ 2 oeufs moyens)

Je rappelle que, pour un Chiffon Cake réussi, il est indispensable de ne surtout pas graisser son moule. Ben pour cette version du Molly Cake, c'est pareil ! Ce qui rend particulièrement galère le démoulage. Avec le temps, et vu l'enthousiasme de mes hommes (oui oui les 3) pour le Chiffon Cake, j'ai rapidement arrêté de le faire dans mon moule à kouglof et je me suis procurée le fameux moule à Angel Cake.

Et alors là, c'est parti pour une petite leçon sur les moules à gâteaux. C'est que je commence à en avoir une petite collection et je me rends compte que ça peut coûter bonbon alors que ça ne vaut pas toujours son prix. Prenez les moules en silicone par exemple. Le top du top d'après les pâtissières émérites de la blogosphère, c'est les Silikomart. Alors certes, j'en ai quelques uns, ils fonctionnent super bien mais franchement, pas mieux que les Téfal ou même les premiers prix que j'ai pu acheter en supermarché ou sur Amazon. En fait, le seul mérite que je reconnaisse aux Silikomart, c'est l'originalité de leur forme et c'est tout (et quelques kits complets très pratiques mais qui coûtent un bras). Avec le temps, beaucoup de mes vieux moules alu ou métalliques ont été remplacés avantageusement par des moules en silicone alors forcément, quand j'en ai eu marre du moule à Kouglof pour mes Chiffon Cake, je me suis procurée un moule spécial à Angel Cake en silicone. Erreur fatale ! Si je n'ai qu'un conseil à donner, c'est de le fuir comme la peste.

Car le moelleux et la légèreté du Chiffon Cake, sa forme ultra régulière viennent du fait qu'il attache au moule à la cuisson et y reste collé jusqu'au refroidissement ce qui lui permet de conserver tout son gonflant et sa légèreté. Et dans ce moule en silicone, la pâte attache où et quand elle veut. Résultat, un gâteau tout moche, compact à certains endroits, gonflé à d'autres, jamais le même résultat d'une réalisation à l'autre, bref, l'horreur totale ! Du coup, j'ai dû acheter un second moule, en alu celui-là, garanti non anti-adhérent mais au concept intelligent qui rend le démoulage facile malgré tout. J'ai pris le modèle de chez Wilston, mais on peut en trouver d'autres. L'essentiel, c'est qu'il soit métallique sans revêtement anti-adhérent.

Voilà, la leçon est finie. On passe à la réalisation.

On commence par mettre son four à chauffer à 150°C en chaleur tournante. Si vous n'avez pas pensé à peser votre crème liquide et à la mettre au frigo dans le récipient dans lequel vous prévoyez de la monter au moins 2h à l'avance histoire que tout soit bien froid et que vous n'avez pas un stock de glaçons (ou l'envie de l'utiliser) pour refroidir tout ça là maintenant tout de suite, pas de panique. Vous pouvez parfaitement utiliser ma technique favorite qui marche d'enfer. Vous pesez la crème, la mettez dans le récipient idoine (celui où vous la monterez donc) et vous collez le tout au congélateur. Le temps de préparer le reste de la pâte, la crème sera prête à être montée.

La crème liquide étant au frais, vous allez tamiser ensemble la farine, le sel, la levure et le cacao dans un grand saladier. Un petit coup de cuillère magique par là-dessus histoire d'être sûr que le mélange est bien homogène.

Dans un autre saladier, ou le bol de votre robot, mettez les 100 g d'oeufs entiers, les 75 g de sucre et les 75g de muscovado et on bat tout ça à vitesse max sur le robot ou sur votre batteur à main pendant 10 mn et pas une seconde de moins. Oui oui, je sais, si vous faites ça au batteur à main, ça va vous faire les miscotos (version Azraëlienne du biscoto mais j'ai pas encore réussi à savoir lequel des 2 était le plus costaud).

Après 10 mn, vos oeufs sont bien mousseux et on y verse le mélange des poudres du saladier précédent. Un petit coup de batteur/robot à vitesse moyenne pour mélanger tout ça (oui, pas à fond s'iouplait, sauf si vous voulez refaire la déco de la cuisine), le moins longtemps possible, le but c'est juste d'homogénéiser le mélange. Vu que la farine et le reste va tout de même voler, je vous conseille de finaliser le mélange à la marise une fois que le robot a fait le plus gros du boulot.

Normalement, la crème liquide placée au congel est prête à être montée (pour le savoir, c'est simple, elle doit tout juste commencer à figer sur les bords). Pour ceux que ça angoisse, faire une crème fouettée est très facile. Si si, juré ! Il y a 2 secrets : la crème doit être trèèèèèès froide ainsi que son contenant et il faut la fouetter à vitesse lente, très lente, très très lente. Sur mon batteur manuel à 3 positions, la position 1 suffit largement si la crème est bien bien froide. Exceptionnellement, il m'arrive de monter à 2 mais c'est rare. Sur mon beau D'Artagnan, c'est entre les positions 6 et 8. Mais comme on a tous(tes) des appareils différents, pour trouver la bonne vitesse, c'est facile. On met en route et on l'augmente progressivement jusqu'à ce que la crème se mette à faire des bulles comme dans un bain moussant. Voilà, vous avez trouvé la bonne vitesse de départ et après quelques minutes, quand ça commence à prendre, on peut augmenter d'un cran la vitesse si nécessaire.

Quand la crème est montée, on en prend une bonne grosse cuillère à soupe ou 2 qu'on incorpore à la marise à la préparation précédente afin de l'assouplir. On verse alors le restant de la crème fouettée et on mélange délicatement, toujours à la marise. On obtient alors une préparation assez épaisse ayant un peu la consistance de la ganache montée. Il ne vous reste plus qu'à verser tout ça dans votre moule et à enfourner sur le 2ème gradin en partant du bas pour 45 mn (plus ou moins, ça dépend des fours).

Une fois le gâteau cuit (on vérifie en testant avec la lame d'un couteau qui doit ressortir sèche), on le sort et on reverse le moule pour le laisser refroidir à l'envers pendant 1 heure. Il ne reste plus qu'à démouler et à déguster !

Et bien sûr, si vous avez des envies de Layer Cake, vous pouvez toujours le débiter en tranche et le garnir de ganache si le coeur vous en dit.