Bienvenue en enfer (ou le monde de la parentalité)

vendredi 14 avril 2017

Le samedi, c'est crème aux œufs et coulis de fruits

Depuis que je me suis mise à la pâtisserie un peu sophistiquée, j'ai constaté un truc étonnant. Les recettes utilisant des œufs entiers sont rares ! La plupart des biscuits n'utilisent que les blancs et la plupart des crèmes que les jaunes. Et les 3/4 des recettes où les biscuits servent de fond n'utilise pas de crème mais plutôt des entremets à base de crème fraîche.

Et le fait de réaliser des recettes à IG bas ne fait qu'empirer les choses puisque ces recettes privilégient l'emploi de blancs d'oeufs, comme celle de mon pain brioché. Tout ça sans compter tous mes essais culinaires en vu de trouver la recette idéale de cookies à IG bas (non, je ne vous donnerais aucune recette, pour l'instant, mes essais sont loin d'être concluants et les monstros préfèrent largement leurs homologues bien gras et bien sucrés du commerce) qui réclament à chaque fois au moins un à 2 blancs d'oeufs.

Du coup, depuis quelques temps, je me retrouve désespérément et régulièrement à court de blancs. Alors certes, j'ai découvert chez Zodio du blanc d'œuf en poudre. Ça dépanne mais franchement, c'est pas la panacée. D'abord, ce n'est guère pratique à utiliser. On est censé mélanger ça avec de l'eau pour reconstituer le blanc mais la poudre se colle en paquet, colle aux récipients et forme des grumeaux (même mélanger à du sucre avant "dilution"), bref, c'est quasi impossible de faire un mélange correct. Non vraiment, rien ne vaut un blanc frais. Alors comme Pâtissus est du genre obstiné, il a écumé les blogs pâtissiers à la recherche de recettes utilisant des jaunes en grande quantité. Oui parce que Pâtissus déteste faire dans la demi mesure. Une recette permettant de faire une trentaine de biscuits avec un seul jaune ? Très peu pour lui. Il lui fait du lourd, de la recette que tu vas mettre la semaine à écluser tes blancs après (ou les congeler pour avoir de la réserve tout simplement). Et il faut croire que Pâtissus, tout démon qu'il soit, bénéficie d'un bon karma car après d'infructueuses recherches sur Pinterest, la Cuisine de Bernard, C'est ma fournée et autres blogs culinaires, alors qu'il allait laisser tomber tout dépité, maîtresse Valérie a miraculeusement publié au dernier moment une recette de crème brûlée. Or il se trouve que j'adore la crème brûlée, mais pas n'importe laquelle. Uniquement celle qui reste bien onctueuse même quand elle est froide et ça, on en trouve pas souvent.

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Quand j'ai lu sa recette, je me suis aussitôt dit que c'était parfait. Pensez donc, une crème qu'on peut faire et déguster dans la demi-journée, sans cuisson (on fait simplement bouillir la crème et c'est fini ou presque), ou les grains de vanille ne tombent pas au fond du pot et qui permet de récupérer 6 blancs d'oeufs (oui oui SIX). Bref, le rêve. A un petit détail près. J'ai pas de chalumeau pour faire le caramel. Qu'à cela ne tienne, la base de la crème brûlée n'étant rien d'autre qu'une crème aux oeufs, la croûte de caramel peut aisément se remplacer par un coulis de fruits (pour le plus grand bonheur d'Azraël) ou d'une ganache au chocolat (pour satisfaire les goûts mono-maniaques de Gargamel).

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Et franchement, c'est une recette du tonnerre. Faite le matin, laisser 30 mn au congel pour que la crème commence à prendre (en 1h c'est totalement pris) puis stockée au frigo pour que ça finisse de prendre (vu que j'étais pas pressée) et dévorer pour le goûter. Les grains de vanille sont parfaitement répartis dans toute la crème qui est onctueuse, super crémeuse tout en se tenant parfaitement. Ça fond dans la bouche et on peut imaginer des dizaines de façon de parfumer tout ça avec des huiles essentielles si on a la flemme de faire des infusions car la technique de cuisson s'y prête parfaitement. La recette de Valérie prévoyait notamment une crème parfumée citron vert basilic que je testerais la prochaine fois puisque j'ai justement les huiles qu'il faut. Mais là, pour un premier essai, j'ai misé sur une valeur sûre : la vanille avec un coulis de framboise.

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Personnellement, j'ai l'habitude de conserver la plupart des pots en verre des crèmes et autres flans du commerce que j'achète pour les monstros. Avec cette recette, vous aurez de quoi faire 6 petits pots de la taille des crèmes brûlées de la marque Rian (sans vouloir faire de pub). Après, vous pouvez utiliser n'importe quelle taille, profondeur et même matière pour les pots, c'est sans importance car la crème est cuite au préalable. Il n'y a pas de cuisson dans les pots. L'essentiel est que le récipient puisse supporter la crème encore chaude. Bon, si vous prévoyez de faire la croûte de caramel au four ou au chalumeau, faudra quand même prendre un truc supportant la cuisson mais sinon vous pouvez sans hésiter sortir les coupes en cristal de bohème de l'arrière arrière grand mère. Allez, c'est parti pour la recette.

Crème aux oeufs (pour 6 pots environ)

  • 500 g de crème liquide entière
  • 100 g de jaune d'œufs (environ 6 jaunes)
  • 60 g de sucre (peu importe lequel, blanc, cassonade, vergeoise)
  • 3 g de pectine NH
  • une belle gousse de vanille
  • 100 g de coulis de fruits (framboise, passion ou autres) pour les finitions ou du sucre à caraméliser ou de la ganache chocolat ou ce qu'on veut en fait.

Alors la particularité de cette crème, c'est qu'elle utilise la pectine en guise d'épaississant ce qui lui évite l'effet plâtre de la farine ou de la maïzéna ou l'effet gélifiant de la gélatine ou de l'agar agar. Pour l'instant, je n'ai pas pu faire le test avec du "vitpris" donc je vous conseille de n'utiliser que de la pectine NH (ou de la X58). C'est vraiment l'usage de la pectine qui lui assure toute son onctuosité. Comme l'agar agar, la pectine doit être pesée avec précision. Si vous n'en mettez pas assez, la crème sera trop liquide. Si vous en mettez trop, elle sera trop ferme (mais elle conserve quand même son onctuosité et son fondant en bouche).

On commence par mettre les jaunes dans un récipient assez haut et étroit, dans lequel on pourra mixer la crème au mixer plongeant.

Mettre la crème dans une casserole et y ajouter les graines de la gousse de vanille. Dans un petit bol, on mélange la pectine avec le sucre. On ne verse en effet jamais la pectine pure dans une préparation car elle forme alors des grumeaux. Il y a 2 écoles à ce stade. Soit on verse le mélange sucre pectine directement dans la crème froide (à température ambiante quoi) soit on le verse dans la crème tiède (40°C environ). Les 2 techniques fonctionnent même si officiellement, c'est dans la crème tiède qu'il faut verser le mélange. Dans tous les cas, on mélange bien au fouet ou à la cuillère magique. On porte ensuite à ébullition (attention à ce que cela ne déborde pas) et on laisse bouillir pendant 1-2 mn pour activer la pectine sans jamais cesser de remuer avec la cuillère magique ou le fouet. On verse ensuite la crème bouillante sur les jaunes d'oeuf, toujours sans cesser de fouetter à la cuillère magique ou au fouet. Et pour finir, on donne un bon coup de mixer plongeant (30 s environ) pour bien homogénéiser tout ça et faciliter le refroidissement. Normalement, vous verrez que votre crème a légèrement épaissie et c'est ce qui permet aux graines de vanille de rester bien réparties dans toute la crème au lieu de tomber au fond. Si vous avez choisi de parfumer la crème avec des huiles essentielles, c'est le moment de les ajouter et de mixer encore un petit coup pour bien mélanger.

Il ne reste plus qu'à verser dans les pots. Pour cela, on se munie d'une passoire fine et on fait passer la préparation à travers pour remplir les pots. D'une part, cela évite de laisser passer des fibres en provenance de la gousse de vanille (c'est très désagréable en bouche quand on tombe sur un truc comme ça) et d'autre part, ça élimine les grosses bulles qui peuvent s'être formées quand on a mixé la crème. On laisse refroidir un peu à température ambiante et quand ce n'est plus trop chaud, on met au congel pour 30 mn à 1h. Moi, comme je n'étais pas pressée, j'ai mis uniquement 30 mn, c'était suffisant pour figer la crème en surface puis je l'ai mis au réfrigérateur. Vous pouvez aussi la laisser au congel pour une utilisation plusieurs jours après. Si vous êtes plus pressé, vous la laissez au congel jusqu'à ce qu'elle soit complètement prise mais avant qu'elle soit congelée.

Au moment de servir, on sort la crème du frigo et on la recouvre de coulis de fruit, ou de ganache, ou de sucre qu'on fait caraméliser etc ... Et hop, il n'y a plus qu'à déguster.

Attention, si vous avez l'habitude de déguster votre crème brûlée tiède, ce n'est pas une bonne idée ici. Le fait de chauffer la crème va en modifier la texture (ça se ramollit énormément). Il faut vraiment la manger froide, avec seulement la couche de surface chaude suite à la caramélisation si vous avez opté pour cette finition.

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mardi 11 avril 2017

Mais où est passé la Puce ?

C'est vrai ça, qui est donc cette étrange personne ? Elle ressemble à la Puce, elle parle comme la Puce, elle a les mêmes passe-temps que la Puce, elle s'occupe des monstros comme la Puce mais ... parce qu'il y a un "mais" évidemment ... elle ne s'habille pas du tout comme la Puce ! Mais alors vraiment pas du tout ! Pensez donc, elle se balade en ... jean ! Un pantalon ! Non mais depuis combien d'années la Puce n'a-t-elle pas porté de pantalon ?

Ah mais je peux répondre à cette question madame la voix off. Ca fait 12 ans !

T'es sûre de ça ?

Sûre et certaine

Ben qu'est-ce qui t'es arrivé pour en remettre un d'un seul coup ?

Ah ça, c'est une longue histoire !

Eh oui, ça fait bien 12 ans que je n'avais pas porté un pantalon. La dernière fois, c'était quand je me suis mise à cuisiner japonais, environ 2 ans avant la naissance de Gargamel et je m'habillais à l'époque en 40. C'est pas vraiment qu'avant, je en portais beaucoup, j'ai jamais été très pantalon. Principalement en raison d'un problème de circulation sanguine et de troubles digestifs associés à un popotin démesuré qui faisait que mon tour de taille et mon tour de hanche entraient régulièrement en totale contradiction vestimentaire. Résultat, soit j'avais la circulation sanguine coupée au niveau d'une culotte de cheval écrabouillée artistiquement moulée dans un futal 3 fois trop petit mais qui tombait pile poil au niveau de mon bidon. Du coup, j'avais horriblement froid ce qui est quand même un comble. Soit, avec un futal à ma taille au niveau de mes hanches, il me fallait porter une ceinture serrée à mort pour ressembler à quelque chose vu qu'au niveau de ma taille, c'était 3 fois trop grand. Et là, c'est ma digestion qui en prenait un coup car je me retrouvais avec l'estomac tout comprimé pour que le pantalon ne me dégringole pas sur les chevilles, ce qui aurait été du plus mauvais goût tout de même ! J'ai bien essayé les pantalons taille basse mais là, j'avais froid au bas du dos et j'ai horreur de ça. Sans compter que mon problème de ceinture et de digestion compromise persistait. Bref, rien à faire, je n'étais jamais à l'aise.

Alors forcément, lorsque Gargamel m'a obligé à prendre 24 kilos pour le mettre au monde (comment ça c'est pas sa faute et j'avais qu'à pas me goinfrer sous prétexte que j'étais enceinte ?) et à passer à une taille 46-48, ça ne m'a pas franchement donné envie de vaincre mes répulsions pantalonesques. Mais ça, c'était avant !

Euh, et c'était avant quoi exactement ?

Eh bien, c'était avant 2 petites choses. D'abord, d'être revenue à une taille 42 ce qui, quoiqu'on en dise, aide quand même grandement à se sentir plus à l'aise dans ses vêtements. Mais surtout, c'était avant avoir admiré les créations de Sakiko, tout particulièrement ses pantalons Bella. C'est qu'apparemment, Sakiko et moi, on aurait la même silhouette (ou presque). Un popotin d'un sex-appeal irrésistible dans certaines cultures, des hanches synonymes d'une fertilité à toute épreuve dans d'autres et un tour de taille à faire pâlir d'envie toutes les guêpes de l'univers (défense de s'étrangler de rire au fond du blog là-bas, je vous vois !). Quand j'ai vu ces fameux Bella, je me suis tout de suite dit que si je devais remettre un pantalon un jour, ce serait un comme ça.

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Et non seulement je mets un pantalon mais j'ai ressorti du placard un pull tricoté il y a 15 ans et dans lequel je ne rentrais plus depuis foooooort longtemps.

Alors qu'est-ce qu'il a de particulier ce fameux pantalon ? D'abord, une taille bien haute et enveloppante. Du coup, le pantalon tient tout seul, ne descend pas sur les hanches et tout ça sans ceinture. Résultat, à aucun moment, même après un repas bien copieux, on a la sensation d'avoir le bidon comprimé et la digestion se fait toute seule. Ensuite, le jeu d'empiècement met la taille et le popotin en valeur sans donner l'impression que ce dernier est énorme, une impression encore renforcée par l'emplacement et la forme des poches arrières. Bref, sur le papier, ou plutôt sur l'écran du blog de Sakiko, c'était le pantalon absolument parfait. Sauf que ...

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Ben déjà, impossible de trouver un patron papier pour ce modèle Burda Style. Pour le trouver, il faut aller sur le site anglais et le commander en version pdf à imprimer et assembler soi-même avec des instructions entièrement en anglais. Et vu qu'en français, je trouve déjà les instructions cryptiques mais alors en anglais ....

Ensuite, contrairement aux patrons Burda dont j'ai l'habitude, les marges de couture sont incluses. Alors bon, moi, ça m'arrange plutôt mais ce n'est pas le cas de tout le monde et puis surtout, il m'a fallu un temps pas possible pour m'assurer que les marges étaient bien incluses sur toutes les pièces (vu que l'indication n'était spécifiée que sur certaines d'entre elles sur le patron) et de combien elles étaient.

Enfin et surtout, le patron d'origine et les réalisations de Sakiko n'ont pas grand chose à voir hormis l'empiècement et la taille haute : longueur différente, largeur différente (c'est un modèle extra extra extra large à l'origine), forme de poches devant totalement différente bref, un énorme travail de modifications en perspective. Mais tant pis, il me faisait trop envie. Alors j'ai acheté un coupon de jean extensible, j'ai imprimé, coupé, scotché, décalqué, modifié et découpé le patron et je me suis lancée.

Niveau taille, j'ai longuement hésité et finalement opté pour un 42 au niveau des hanches (ma taille normalement) et un 40 au niveau de la taille, ceci malgré le tableau des tailles qui me conseillaient plutôt les tailles au dessus. Grand bien m'en a pris car même comme ça, j'ai dû largement raboté un peu partout car c'était beaucoup trop grand pour moi, surtout au niveau de la taille. La modification la plus spectaculaire, c'est la largeur des jambes de pantalon vu que je suis passée d'un truc extra super méga large à un pantalon ajusté. Et vu que je n'avais absolument aucun modèle de référence, puisqu'aucun pantalon dans ma garde-robe, j'ai tout fait au pif et j'avoue que je n'en menais pas large. Il m'a d'ailleurs fallu plusieurs essayages avant de réussir correctement cet ajustement. Ce fut l'occasion pour moi d'apprécier d'autant mieux l'aide que m'apporte Madonna d'habitude car dans le cas d'un pantalon, mon beau mannequin ne me sert malheureusement à rien. J'ai donc renoué avec l'incommesurable plaisir des essayages à répétition avec contorsions en tout genre, plantage d'épingle dans le gras et dans les doigts et pestage parce que les dites épingles refusent de rester en place quand tu ôtes le vêtement en cours d'ajustement.

La seconde grosse modif, ce furent les poches. Parce que les petits plis prévus, en jean, je le sentais pas trop. Et puis je voulais du sobre pour ce premier essai pantalonesque. Sur ce coup, je me suis inspirée des poches italiennes des pantalons des monstros.

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Et une taille haute bien emboîtante !

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Et un bel empiècement sur un fessier bien rebondi !

En dehors de ces modifs, ce modèle m'a paru simple à réaliser. Il comporte plus de pièces que les pantalons des monstros mais la technique de montage est à peu près la même. Je ne me suis donc pas sentie dépayser. Le seul souci que j'ai eu, c'est la braguette. Comme d'hab, j'ai rien compris aux instructions de montage alors j'ai fait comme je l'ai senti, donc à l'envers bien sûr (ou peut-être pas, vu que je suis incapable de me rappeler dans quel sens doit se monter une braguette). A priori, j'ai fait mes boutonnières trop près du bord. Pour le prochain, il faudra que je les décale un peu, ce sera mieux. Car oui, il y aura une prochaine fois. Après ce 1er succès, je compte bien me coudre un autre Bella, en coton cette fois pour l'été car j'adore mon nouveau jean.

Il est particulièrement confortable (encore un peu trop grand même mais c'est peut-être lié au côté extensible du tissu), d'autant que j'ai doublé la ceinture en double gaze de coton toute douce. Il reste bien en place, ne tombe pas, ne me serre pas et je peux admirer mon postérieur dans un miroir sans avoir envie de partir en courant me planquer. Bref, même si je ne changerai certainement plus de style vestimentaire à présent (j'aime bien trop les robes pour ça), je crois bien que je suis en phase de réconciliation avec les vêtements à 2 pattes.

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vendredi 7 avril 2017

Céladon le dragon - acte I scène I

Bon alors, je vous rassure tout de suite, non, le dragon Administration n'a pas remis le couvert et décidé de me casser les pieds. Céladon n'a rien à voir avec lui.

Ceux qui me suivent régulièrement se souviennent peut-être qu'il y a quelques temps, Maîtresse Chérie m'avait sollicité pour les costumes de la pièce de théâtre qui ferait office de spectacle de fin d'année pour la classe d'Azraël. En commande, j'avais donc 12 paires d'ailes de dragons ainsi que les cornes assorties puisque 12 des petits camarades d'Azraël devaient jouer le rôle du héros, un adorable dragon un peu nouille du nom de Céladon. Pourquoi un peu nouille ? Ben parce que tout rôliste qui se respecte vous le dira : un dragon c'est gros, c'est méchant et ça ne pense qu'à un seul truc, amasser le plus de trésors possible et bouffer tous ceux que essaient de lui chiper la moindre piécette ! Alors quand on vous dit que le dragon de la pièce est gentil, ça surprend. Qu'il se promène de part le monde tout tranquillement au lieu de rester terré dans sa grotte aux trésors, on s'interroge. Mais quand on ajoute qu'il se dépouille lui-même tout seul comme un grand de ses trésors en cours de route pour les filer aux pauvres malheureux qui en ont bien plus besoin que lui, on ouvre carrément des yeux en bille de loto.

Une fois le choc surmonté, et suite à la confection des prototypes et discussion avec Maîtresse Chérie, j'avais découvert qu'à la fin de la pièce, Céladon offrait son dernier bien, un diamant d'étoile qu'il portait au front. Alors bien sûr, j'ai pas pu résister à l'idée de compléter le costume par un petit diadème orné d'un gros diamant. Et c'était parti pour un nouveau proto de diadèmocornes (un truc sur lequel est fixé à la fois les cornes et le diadème). Après consultation de Bricolus, recherche active par Pinterestus, approbation par Fimus et grommellement ininterrompu de Couturus (qui ne supporte pas de n'avoir finalement rien à faire sur ce projet), l'idée retenue était de coller cornes et diadème sur un simple serre-tête. Et ma fois, ça fonctionnait parfaitement. Et hop, remise en main propre du bestiaux à une Maîtresse Chérie béate d'admiration (non non, je vous jure, je me jette aucune fleur sur ce coup) mardi de la semaine dernière pour validation. Et j'étais tranquillement en train de faire mon cours de Physique des lasers à mes petits nétudiants adorés quand un sms est arrivé sur mon smartphone. On est inséparable mon smartphone (montre, réveil matin, chronomètre de cuisson, appareil photo, console de jeux qui me sauve la vie dans les salles d'attente avec des monstros intenables, liseuse) et moi.

Euh, je suis embêtée, on a un peu cassé le diadème. La colle a pas tenue, il s'est décollé du serre-tête d'un côté.

Pas de souci, c'est qu'un proto. J'ai juste coller pour aller plus vite. Mais dans la version définitive, je mettrais un fil de fer doré en plus de la colle. Ça bougera pas !

(oui, j'ai répondu tout de suite, profitant que mes nétudiants planchaient sur l'équation gain=pertes)

Ah d'accord. Super !

Quelque temps après, le cours fini, j'étais tranquillement en train de ranger mon bazar quand un nouveau sms est arrivé.

Désolée de vous déranger mais, si c'est pas trop tard, est-ce que vous pourriez ne pas fixer le diadème finalement ?

Non non, c'est pas trop tard

(comme si j'avais déjà pu réaliser 24 cornes et 12 diadèmes en moins de 2h tout en assurant mon cours mais bon, en même temps, elle pouvait pas savoir que j'étais en cours)

Super parce qu'avec Grenadine (le petit nom choisi pour l'intervenante de l'activité théâtre), on se disait que ce serait bien que les enfants puissent l'offrir à la fin comme le fait Céladon et donc l'enlever de leur tête.

D'accord, je vois

Vous n'auriez pas une idée pour que le diadème puisse bien tenir sur leur tête mais qu'on puisse l'enlever facilement ?

(ben voyons !)

Aucun problème, je vous fais ça.

Car oui, il se trouve que j'ai tout de suite eu une illumination sur comment faire ce système de fixation, et j'ai béni dans la foulée l'inventeur du scratch dont j'avais justement un petit stock à la maison. Car il faut dire que toutes les fournitures pour les costumes sont déjà achetées depuis longtemps et qu'avec mon manque de temps chronique de ces dernières semaines, je n'avais pas du tout envie de retourner faire les magasins pour acheter quoi que ce soit. Au final, voilà à quoi ressemble un diadémocorne.

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De profil, de face

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Et sur la tête d'un monstros !

Comme pour le prototype, les cornes sont réalisées en Fimo Air Light, une pâte Fimo spéciale qu'on peut soit laisser sécher à l'air, soit cuire au micro-onde. J'aime bien cette Fimo pour ce genre de travaux car elle donne des objets tout légers comme du polystyrène et qu'on peut peindre facilement. Par contre, je la trouve beaucoup moins agréable à travailler que la Fimo classique et elle se conserve difficilement une fois le paquet entamé (ben oui, elle sèche à l'air je vous rappelle). Une fois cuites, je ai peinte les cornes à la peinture acrylique histoire que ça tienne bien et que ce soit résistant aux petites mains. Les cornes sont ensuite collées au pistolet à colle sur des disques de feutrine noire (de mon stock, youpi encore des chutes en moins), disques dissimulés par des plumes collées également. Accessoirement, coller les plumes une par une, c'est ch...t et on n'arrête pas de se brûler les doigts en prime ! Enfin, on colle (toujours) les cornes décorées sur les serres-têtes. Juste sous les cornes, j'ai rajouté le système de fixation des diadèmes, à savoir un petit morceau de scratch noir. Et devinez comment je l'ai fixé au serre-tête ... Eh oui, je l'ai collé bien sûr. Pour plus de sécurité, j'ai même pris le serre-tête en sandwich entre un morceau de scratch et un morceau de feutrine noire.

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Pour les diadèmes, Bricolus a préconisé d'aller au plus simple d'histoire d'économiser temps et argent (c'est qu'il ne faut pas oublier que le budget de la maîtresse est serré). Du fil aluminium coloré et torsadé afin de créer une boucle où je suis venue coller (oui oui, encore) un gros strass (trouvé pour 1€ les 4 sur alittlemercerie) pour faire le diamant. Le même système d'attache en scratch pour la fixation au serre-tête, toujours collé bien sûr. Je vous dis pas le nombre de bâtons de colle que j'ai déjà usé dans l'affaire et c'est pas fini. Mon pistolet à colle est actuellement mon meilleur ami, au point que j'envisage sérieusement de lui trouver un petit nom ! Et après 3 soirées, on obtient ça !

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Pour celles et ceux que ça intéresse, le prix de revient d'un diadèmocorne, scratch non compris puisque j'ai puisé dans mes stocks, est d'environ 2€ (un peu moins en fait). Le bestiaux tient parfaitement sur la tête et mon scratch est tellement performant qu'il faut faire attention à ne pas trop appuyer quand on vient fixer le diadème pour qu'il puisse s'enlever facilement. Mais en tout cas, il ne risque pas de tomber !

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On admirera la bonne volonté d'Azraël pour prendre la pose !

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Bon allez, j'ai encore les 12 paires d'ailes à faire soit environ 36 m de fil de fer hyper rigide à découper, plier et mettre en forme (mes pauvres petits doigts en ont mal à l'avance). Dès qu'elles seront finies, je vous montre ça.

 

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mardi 4 avril 2017

Quand Couturus rencontre Pâtissus

Ce n'est certainement pas une évidence mais sachez que le Pâtissus Démonicus ne s'intéresse pas uniquement à la pâtisserie (bien que ce soit quand même ce qu'il préfère). De temps à autre, il aime bien cuisiner des petits plats salés aussi, des petites choses à base de bons légumes tout frais, de pâtes ou de fromages. Mais comme pour la pâtisserie, le Pâtissus est exigeant et refuse de cuisiner avec n'importe quoi.

Rhaaaaa, non franchement, elle exagère la Puce.

Ben mon petit Pâtissus, qu'est-ce qu'il t'arrive ?

Non mais Couturus, regardes-moi un peu ces légumes de super marché ! Tu crois pas qu'elle pourrait faire un effort et se faire un potager ! Ca sert à quoi d'avoir un jardin sinon ?

La Puce ? Un potager ? Alors qu'elle fait crever à peu près toutes les plantes qui passent à sa portée ?

Oui ben n'empêche ! C'est pas possible de bosser avec du mauvais matos !

Ben quoi, ils sont pas si moches que ça ces légumes. C'est tellement important ?

Tu rigoles ou quoi ? Entre un tissu à 3 euros le mètre de chez Toto et un coupon en Liberty, tu préfères quoi toi ?

Ok ok, j'ai compris. Allez, t'inquiètes pas. Tu veux des légumes tout frais du jardin ? Aucun problème. Fais confiance au Couturus, il s'occupe de tout !

(Oui, de temps en temps Couturus parle de lui à la 3ème personne. C'est son égo qui lui monte à la tête)

Et effectivement, Couturus s'est occupé de tout, à l'insu de mon plein gré. Après une vague concertation avec le Bricolus Démonicus, nous étions soudain doté d'un potager de salon inspiré de celui-ci. Je salue au passage la perfomance car la réalisation du dit potager m'a tout de même permis de vider intégralement un plein sac de mini chutes de tissus.

Tu vois bien que j'avais raison de vouloir les garder tous ces petits bouts

(commentaire intempestif du Conservatus Démonicus qui ferait bien mieux de se taire quand je vois les 2 autres sacs qu'il me reste encore)

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Le superbe potager étant prêt, Couturus s'est ensuite attelé aux plantations afin de fournir au plus vite une première récolte à Pâtissus. Après quelques recherches rapides sur le wouebeu, il a sélectionné les fournisseurs de semences créatives les plus prometteuses : des radis, des poireaux, des fraises et des citrouilles par ici, des champignons, des carottes et des aubergines par là.

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Très fier de sa première récolte, c'est un Couturus gonflé d'importance qui a apporté sa production entièrement bio à un Pâtissus sur des charbons ardents.

Non mais c'est quoi cette arnaque ?

Ben des magnifiques légumes entièrement bien bio ! Et attends, je te prépare des oeufs au plat en plus !

Mais qu'est-ce que tu veux que j'en fasse ? Il se mange pas tes légumes. Non mais t'es bête ou quoi ?

Ben oui, apparemment, il est un peu à côté de la plaque le Couturus. Et c'est tout penaud, dépité et dégonflé qu'il est reparti avec son potager miniature.

Maman, c'est quoi ça ?

Ah coucou Azraël. Ça, c'est un potager avec plein de légumes.

Oooooh, c'est trop cool ! C'est pour moi ?

(Vazy vazy donne-lui me susurre Couturus à l'oreille)

Mais bien sûr mon chéri. Tiens, va jouer !

Youpi ! T'es la meilleure maman du monde !

Et voilà comment un Couturus à côté de ses pompes, ou plus certainement fortement influencé par toutes les dînettes en feutrine et crochet qui fleurissent actuellement sur la blosphère, m'a soudain transformé en Wonder Maman. Du coup, tout regonflé d'importance, il s'est lancé dans une seconde récolte, pour offrir celle-là pour le plus grand dépit d'Azraël qui l'aurait bien gardé pour lui. Cerise sur le gâteau, Gargamel s'est également fort intéressé au potager dont il récolte les légumes avec son frère avant de s'attabler pour les déguster de concert.

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Le grand chef Gargamel en plein migotage de petit plat au micro-onde

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Et c'est parti pour la dégustation

Bon allez, c'est pas tout ça mais faut absolument que je trouve le temps d'expédier la nouvelle récolte à sa future propriétaire moi, sinon ils vont être tout moisis quand ils arriveront mes légumes !

 

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jeudi 30 mars 2017

Opération Déstockage # 1 : Anna ou Heidi ?

Tous les ans, à la même époque, pile avec l'arrivée du printemps, on reçoit une invitée particulière à la maison. Elle ne nous demande jamais notre avis, elle s'impose et exige qu'on organise une méga fiesta vu qu'elle ne peut passer nous voir qu'une fois par an, un peu comme le père Noël ou les cloches de Pâques. Dommage pour elle, cette année, c'est la folie totale niveau boulot. Pensez donc, je passe soirées et week-ends à bosser depuis 3 semaines, j'ai à peine le temps de coudre, tricoter, pâtisser ou que sais-je encore et je ne suis pas à prendre avec des pincettes, les monstros en savent quelque chose !

Toc toc toc

Oui ? Qui est-ce ?

Non mais qui veux-tu que ce soit ? Ton année de plus enfin !

(non, c'est pas le début de la sénilité, juste que j'avais un cours et 2 réunions ce jour-là alors j'avais pas franchement la tête à ça)

Hein ? C'est aujourd'hui ? Ah ben c'est pour ça que j'arrête de recevoir des sms alors.

Yep. Alors, c'est à quelle heure ta fête d'anniversaire ? Rassures-moi, t'as prévu de te changer parce que ta robe grise euh ....

Ben d'abord, je vais en cours là. Mes petits nétudiants adorés m'attendent. Ensuite, y aura pas de fête. Trop de boulot, pas le temps d'organiser un truc. Et ma robe est bien confortable et parfaite pour donner mon cours.

KOUUUUUAAAAAA ! Ah ça non alors, ça ne se passera pas comme ça ! Tu me mets une robe de fête et dare dare !

Bon, vu qu'en général, Année de plus m'indiffère totalement (moralement s'entend parce que physiquement, elle s'arrange quand même pour bien me faire sentir son passage malgré toutes mes tentatives pour l'amadouer) et que pour la fiesta c'était définitivement râpé, j'ai préféré lui faire plaisir sur la tenue, histoire qu'elle ne se venge pas en m'infligeant un quelconque mal du grand âge (des cheveux tous blancs, une tonne de ride, un rhumatisme ou pire encore, une crise d'acné qui la ficherait quand même mal à mon âge vénérable). Heureusement pour moi, il me restait 20 mn avant le départ et seulement un ourlet de plusieurs mètres à faire pour terminer ma dernière robe, un modèle convenant parfaitement aux exigences d'Année de plus.

Faut dire qu'une robe en velours bordeaux, déjà, elle adore, mais pailletée en plus, pour elle, c'était le Nirvana. Et puis il ne s'agit pas de n'importe quel patron mais du modèle 144 du Burda Style 11/2016, un modèle de la designer Lena Hoscheck je vous prie. Vous la connaissez pas ! Ben moi non plus en fait mais j'avoue avoir tout de suite flashé sur ce modèle quand il est paru. Mais le magazine est resté bien rangé faute d'inspiration question tissu. C'est en cherchant à faire un peu de place dans mon placard que je suis tombée sur les restes d'un coupon de velours bordeaux à paillettes déjà utilisé pour coudre une jolie robe chasuble, un tissu tout doux, assez fin, souple et avec un très joli tombé. Et je me suis tout de suite dit que ce serait le tissu parfait pour cette robe. Vu le peu de métrage qu'il me restait, impossible de faire la version à manches ou de la doubler dans le même tissu (de toute façon, avec les paillettes, ça n'aurait pas été une bonne idée). J'ai donc décidé d'en faire une version sans manche et sans doublure mais avec des finitions en passe-poil contrastant pour mettre les découpes en valeur.

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Côté réalisation, c'est un peu intimidant au début mais en fait, la jupe est très simple à faire. C'est une jupe cercle tout bête. Ce qui ne laisse que le bustier comme difficulté. Le patron étant bien fait, tous les morceaux s'assemblent plutôt bien et le montage est très rapide. En 2 nuits soirées, c'était plié. Malheureusement, car bien sûr, vu que j'avais peu de temps à y consacrer, ça ne pouvait pas aller tout seul, une fois monté, j'ai eu le bonheur de constater une fois de plus que la femme Burda et moi n'avons pas grand chose en commun question morphologie. La femme Burda est apparemment grande (ça, on le savait déjà),  et avec un buste immense en sus de ses jambes interminables et une poitrine plantureuse et surtout AJUSTABLE. Oui oui, ajustable. Qui se gonfle et se dégonfle au gré de ses envies et de ses mouvements quoi ! Non parce que déjà, même avec un soutien-gorge rembourré et sachant que je fais tout de même un bonnet C, j'ai dû largement réduire l'ampleur du bustier, en plus de reprendre complètement la hauteur des emmanchures et la ligne de taille. Mais bon, grâce à la bonne volonté et la patience infinie de Madonna (parfois, je me dis qu'on devrait donner un Nobel à l'inventeur du mannequin ajustable), j'ai réussi à adapter pile poil le machin que quand je l'ai enfilé, j'étais aux anges. Jusqu'à ce que je commence à bouger les bras. Et alors là, je peux vous dire que, selon les mouvements ou les positions que je prenais, c'était vue plongeant sur la dentelle de mon balconnet et même au delà. Bref, ça baillait et pas qu'un peu. Là, je me suis dit que j'aurais mieux fait de prendre un tissu extensible pour la coudre mais depuis, j'ai vu quelques réalisations passées sur la toile signalant le même problème avec des tissus pourtant extensibles. Mais bon, grâce à quelques ajustements supplémentaires, j'ai réussi à rendre le décolleté décent même s'il continue à bailler par intermittence.

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Et un gros plan sur le décolleté

J'avoue être plutôt fière de mes finitions au passe-poil. Le rendu est bien propre et le contraste entre le bordeaux du tissu et l'écru du passe-poil égaille vraiment la robe. Un effet secondaire de ces finitions est que le passe-poil renforce le côté bavarois du modèle et me fait assez penser aux Dirndl.

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Mais en même temps, avec la forme en coeur du décolleté et le fait d'avoir enlevé les manches, si je la visualise en noir et bleu, je me dis que ce serait un patron parfait pour un costume de princesse Anna version adulte ! Mais attendez ... maintenant que j'y pense ... j'ai aussi un coupon de tissu bleu à vagues qui traîne dans mon placard depuis des lustres ... En tout cas, Année de plus était ravie de me voir partir au taf dans ma belle robe et j'en ai mis plein la vue à mes petits nétudiants, au sens propre, pas au figuré. Eh oui, parce qu'il y avait un beau soleil ce jour là qui me tombait pile dessus dans la salle de cours. Et ce magnifique tissu à paillettes projetait des éclats de lumière bordeaux du plus bel effet dans toute la classe !

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Pour te montrer l'ampleur de la jupe et l'effet plein les mirettes des paillettes

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Et la version Fond de l'air frais !

Et cette robe est également l'occasion pour moi de participer à l'Opération Déstockage de Ta'Thilde sur laquelle je compte beaucoup pour m'aider à réguler mon stock de tissus.

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jeudi 23 mars 2017

D'Artagnan entre en action

Grâce à D'Artagnan, mousquetaire de la cuisine, redresseur de blancs d'oeuf, pourfendeur de pâte à pain, protecteur des frêles épaules des douces damoiselles (qui veulent continuer à ressembler à des douces damoiselles et pas à des lutteurs de foire) et sauveur des cuisines en désordre, la mystérieuse affaire du pain brioché de la Reine a été résolu.

Mais de quoi est-ce qu'elle nous parle la Puce ? L'anesthésique du dentiste lui est monté au cerveau ? La sirène l'a prise dans ses filets, l'a entrainé au fond des océans et le manque d'oxygène la fait délirer ? Meuh non voyons, je vous parle simplement de D'Artagnan ! Vous ne voyez pas de qui je parle ? Ben c'est juste le petit nom affectueux que j'ai choisi pour mon nouveau robot de cuisine. Pourquoi D'Artagnan ? Parce qu'il me fait penser à lui. Un brave garçon venu de Gascogne, plein d'enthousiasme, naïf et un peu neuneu sur les bords, incapable de se débrouiller tout seul et perdu dans la grande ville mais toujours prêt à rendre service et tellement attachant. Exactement comme mon robot (ok, il ne vient pas de Gascogne, il n'est même pas français en fait, je devrais avoir honte) qui ne fait que ce qu'on lui dit mais avec enthousiasme. Non vraiment, mon D'Artagnan est bien l'archétype du chevalier servant. Toujours disponible, jamais un mot plus haut que l'autre, prêt à toutes les surchauffes pour faire mon bonheur et à exécuter les travaux les plus éprouvants pour que je puisse conserver mon allure de frêle jeune fille. Eh oui, grâce à lui, fini le risque des épaules de camionneur à force de pétrissage de pâte à brioche, pâte à pain et autres pâtes levées. Cerise sur le gâteau, pendant qu'il se charge des travaux pénibles, je peux ranger tranquillement ma cuisine au fur et à mesure au lieu d'avoir à le faire à la fin, une fois bien crevée par un pétrissage intensif. Non vraiment, le Père Noël a eu une riche idée cette année.

Ces derniers temps donc, D'Artagnan et moi nous sommes entraînés avec détermination et Constante (oups, désolée, j'ai pas pu m'empêcher de la faire celle-là) pour tester des recettes de brioches tressées et surtout mettre au point LA recette de pain brioché IG bas de mes rêves. Et croyez-moi, on en a  fait un paquet des essais. Honnêtement, sans lui, jamais j'en aurais testé autant ou en tout cas, sûrement pas aussi rapidement parce qu'à 20mn de pétrissage minimum par version test, mon osthéo aurait certainement fait fortune et j'aurai pu m'inscrire aux prochains JO section haltérophilie ou lancer de poids sans problème.

Pourquoi tant de tests me direz-vous ? Parce que je suis une psychorigide de la pâte levée, une maniaque du moelleux, une obnubilée du tartinage et une mère indigne qui rêve secrètement d'étouffer ses monstros en les gavant de brioches histoire qu'ils se taisent 5 mn et se tiennent tranquilles 2 de plus (vu que la guerre entre frangins semble bien partie pour concurrencer celle de 100 ans). Et cela, ce n'est envisageable que si les monstros ont envie de manger ma cuisine. Or un monstros, c'est encore plus tatillon et psychorigide qu'une Puce (eeeeehh si ! C'est possible ... malheureusement !)

Aujourd'hui, nous parlerons seulement de la recette qui m'a donné le plus de mal, le pain brioché IG bas. Mais que les gourmands se rassurent, je vous donnerais celle de la brioche dans un prochain post.

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Des pains à IG bas, j'en ai déjà fait, plusieurs versions d'ailleurs, même si je n'en ai publié qu'une seule. Ce type de pain présente un "problème" récurrent (enfin, ça dépend des goûts quand même, c'est pas un problème pour tout le monde). Il est dense, très dense, comme tous les pains complets. Car cela n'est en fait pas du tout spécifique à la version IG bas. Mais faut être honnête, le pain intégral est encore plus dense que le pain complet. Et moi, je voulais un pain tout léger et moelleux, comme mon pain brioché préféré, celui réalisé avec la technique du tangzhong. C'est donc tout naturellement que j'ai repris cette recette pour l'adapter au régime IG bas. Et là, c'est parti sur un cours express de panification.

Comme je vous l'ai raconté précédemment, toutes les farines ne conviennent pas pour faire du pain. Pour que la pâte puisse lever, elle doit contenir du gluten (vous savez, le truc auquel une partie de la population est allergique et qu'on trouve partout comme l'huile de palme et que c'est donc une galère quand on y est allergique pour se nourrir). Plus elle en contient, mieux elle lève. Malheureusement, plus une farine en contient, plus elle est raffinée (donc de moins en moins intégrale) et totalement contre indiquée dans le régime à IG bas.

Damned, pour le pain blanc et le pain de mie, c'est fichu alors ! Eh ben oui, désolée ! En fait, quand on se penche sur la question en détail, force est de constater que très peu de farines intéressantes niveau IG en contiennent. En gros, les meilleures farines panifiables que l'on puisse avoir sont celles d'épeautre (grand ou petit) T150 et de blé, T150 également. Comme l'indique le T150, ces 2 farines sont infiniment moins riches en gluten que la T45 par exemple (farine utilisée traditionnellement pour les pâtes levées avec la T55). On obtient donc bien une pâte levée mais la pousse est laborieuse et le pain obtenu plutôt dense. Autre élément à prendre en compte, la finesse de la farine. Une farine blanche classique est une poudre très fine mais comme elle lève facilement, ce n'est pas un problème. Une farine T150, elle, est une poudre un peu plus grossière mais comme elle lève peu, elle s'aglomère facilement et la pâte devient très compacte à la cuisson. En gros, bonjour la brique ! Il est donc avantageux d'avoir une farine la plus "grossière" possible pour permettre à davantage d'air de rester à l'intérieur du pain. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir ajouter du son de blé ou d'avoine dans les pains intégraux afin de les alléger un peu.

Adieu les petits sandwichs et les tartines alors ? Mais c'est terrible ça ! Meuh non meuh non, c'est juste que pour obtenir un pain de rêve, pas de secret : il faut du gluten et de la grossièreté (mais on tachera quand même de rester poli,c'est promis). Pour la grossièreté, j'ai décidé de faire un compromis. Une moitié de farine de grand épeautre T150 (parce qu'on la trouve maintenant assez facilement en grand magasin) pour la légèreté et une moitié de farine de blé T150 pour la tenue (elle, personnellement, je ne la trouve qu'en épicerie bio mais on peut aussi faire le pain uniquement à la farine de grand épeautre, ça marche très bien). Pour le gluten, après avoir testé la version avec et sans, il n'y a rien à faire. Si vous voulez un beau pain brioché bien moelleux, il vous faudra vous procurer du gluten de blé. On en trouve en épicerie bio (j'en ai vu une fois au rayon bio de mon super marché mais jamais depuis donc je ne garantis pas pour le vôtre) ou sur internet comme ici par exemple. Ça peut paraître un peu cher à l'achat comparé à un paquet de farine mais on en met peu donc votre sachet durera un bon moment. Question IG, le gluten a un indice de 0. En fait, sa seule contre-indication, c'est son côté allergisant donc on évite quand même d'en abuser (normalement, on ne dépasse pas 10% du poids de farine de toute façon). Mais grâce à lui, votre pâte va lever aussi facilement qu'une pâte classique.

Dernière chose à savoir à propos du gluten, c'est qu'il ne se comporte pas du tout comme la farine vis-à-vis de l'absorption des liquides, ce qui explique qu'il m'ait fallu de nombreux essais avant de trouver les bonnes proportions de farine, gluten, lait et eau à mettre dans ma pâte pour avoir la texture souhaitée. Le gluten absorbe beaucoup les liquides. On ne remplacera donc surtout pas farine et gluten en proportion égale dans une recette pour que cela lève mieux sans changer l'apport en liquide, ce serait une catastrophe (dixit la fille qui l'a fait et qui s'est retrouvé à ajouter de l'eau au petit bonheur et pétrir sa pâte pendant plus de 40 mn, merci D'Artagnan !).

Vous avez tout compris ? Tant mieux parce que c'est la fin du cours de panification et le début de la recette.

Pain brioché moelleux à IG bas (pour un moule à cake de taille standard)

Comme je le disais, on va utiliser la technique du tangzhong, une technique sensée apportée plus de moelleux aux pâtes levées et favoriser la pousse.

Pour le tangzhong :

  • 100 g d'eau
  • 20 g de farine de blé T150 (ou de grand épeautre T150)

On mélange eau et farine au fouet. Il ne doit pas y avoir de grumeaux. Puis on met à cuire dans une petite casserole à feu moyen en fouettant sans cesse. Dès que le mélange commence à épaissir, on retire du feu tout en continuant de fouetter jusqu'à obtention d'une substance un peu gluante, homogène et bien lisse. Normalement, on obtient un peu plus de 100g de tangzhong, il ne faudra donc pas tout mettre dans la pâte.

Maintenant, vous avez le choix. Normalement on doit attendre au moins 6h avant de l'utiliser, voir le préparer la veille pour le lendemain. Personnellement, n'ayant jamais réussi à voir de différence entre utilisation immédiate et différée, j'ai cessé d'attendre. Je l'utilise immédiatement et je n'ai jamais eu de souci.

Pour le pain brioché :

  • 150 g de farine de blé T150 (ou de grand épeautre T150)
  • 150 g de farine de grand épeautre T150
  • 20 g de gluten de blé
  • 100 g de tangzhong
  • 55 g de fructose (on peut varier la quantité de fructose en fonction de ses goûts, ce n'est pas un problème)
  • 6 g de sel
  • 110 g de lait d'amande ou de soja (ou demi-écrémé si vraiment vous n'avez pas les autres sous la main)
  • 55 g de blanc d'oeuf (environ 2 blancs)
  • 6 g de levure de boulanger sèche
  • 30 g d'huile d'olive
  • 40 g d'eau ou de lait d'amande ou de soja (destinée à compenser l'absorption du gluten)

On fait d'abord tiédir le lait et on y met la levure pour qu'elle se réhydrate. Dans un saladier, on mélange tous les ingrédients secs donc les 2 farines, le gluten, le fructose et le sel. Quand c'est bien mélangé, on vérifie que la levure est bien réhydraté. On ajoute alors aux ingrédients secs les blancs d'oeuf, l'huile, le tangzhong, l'eau et le lait d'amande (ou de soja) avec sa levure.

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Et c'est parti pour le pétrissage. On malaxe bien jusqu'à obtenir d'une pâte parfaitement homogène. Normalement, au fur et à mesure du pétrissage, la pâte se détache des doigts et du saladier. Mais elle va rester assez molle. Il faut bien compter 10 mn de pétrissage (manuel ou mécanique). Si vous avez un robot ou du courage, montez jusqu'à 15 mn mais ce n'est pas obligatoire. Vous verrez tout de même alors se développer le réseau de gluten car la pâte devient élastique et forme comment des fils quand on l'étire.

Une fois le pétrissage fini, on fait une belle boule, on la remet dans le saladier et on recouvre d'un linge humide. Puis on met au four à 50°C (version étuve) pour faire "pousser". Normalement, dans le four à 50°C, en 1h30, la pâte a doublé de volume. En fait, grâce à l'ajout de gluten, ça pousse vraiment aussi facilement qu'une pâte standard.

Quand ça a bien poussé, on verse la pâte sur le plan de travail fariné, on sépare en 5 boules et on graisse un moule à cake de taille standard. On farine bien son rouleau à pâtisserie et on étale une première boule en un ruban de la largeur de moule à cake (ça va la dégazer) et on va rouler ce ruban comme un gâteau roulé. On place le rouleau obtenu à un bout du moule à cake et on recommence avec une autre boule de pâte jusqu'à avoir fait tenir nos 5 rouleaux dans le moule.

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La pâte une fois le façonnage terminé

Il ne reste plus qu'à replacer le moule dans le four toujours à 50°C pour la seconde pousse. A ce stade, un petit conseil. La pâte peut être fragile selon qu'elle est plus ou moins molle. Si vous utilisez un moule en silicone, je vous conseille de le mettre sur une plaque à pâtisserie afin de pouvoir déplacer le moule sans jamais avoir à y toucher. En effet, sous le poids de la pâte, le moule en silicone peut se déformer quand on met ou retire le pain en cours de levée du four. Cela peut provoquer des ruptures de la pâte à l'intérieur même du pain qui se dégonfle alors complètement. Croyez moi, c'est du vécu ! Et quand ça vous arrive après 3h de pousse juste au moment de cuire, on en pleurait de frustration. Au bout d'une heure normalement, le niveau de la pâte dépasse le niveau du moule et c'est le moment de sortir celui-ci du four.

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La pâte après la seconde pousse

On met alors le four à chauffer à 150°c en chaleur tournante et quand il est chaud, on enfourne sur le second gradin à partir du bas pour 50 mn environ. Quand la croûte est bien colorée, normalement le pain est cuit. On peut utiliser un pic en bois pour vérifier s'il est bien cuit à coeur. Il doit ressortir sec. Il n'y a plus qu'à mettre à refroidir sur une grille et à se régaler sans complexe.

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Pour celles et ceux qui auraient simplement envie d'un pain brioché complet mais pas forcément IG bas, vous pouvez remplacer tous les ingrédients par des ingrédients classiques en ne conservant que la farine d'épeautre comme farine principale. Il est aussi possible d'utiliser des farines comprenant des mélanges de graines. Ce qui est important, c'est de conserver les quantités de farine, gluten et liquide pour que la pâte conserve la bonne consistance.

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vendredi 17 mars 2017

Le Défi Saint Patrick

Vous vous rappelez le défi de la Saint Patrick ? Mais si voyons, le truc que Couturus m'a obligé à relever parce qu'il était trop vexé de n'avoir pas pu participer au concours T&N ni me faire de belles robes pour les fêtes ni me coudre la robe régence dont je rêve il rêve depuis des années.

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Bon allez, un petit rappel. Le Défi de la Saint Patrick, c'est le défi lancé par la Lune à Coudre à l'occasion de la Saint Patrick justement. Le but : coudre, broder, tricoter ou crocheter un truc en rapport avec la Saint Patrick donc au choix, un truc vert, ou avec des motifs typiques genre trèfle à 4 feuilles, arc en ciel, leprechaum, fée etc ... Bref, les idées ne manquent pas.

Pour l'occasion, Couturus était déterminé à optimiser ce défi au maximum. Saint Patrick ok mais Saint Patrick utile s'il vous plaît. On allait donc investir dans une tenue printemps-été compatible et pas uniquement hiver. Et attention, uniquement en déstockage de tissus. Pas question d'acheter quoique ce soit pour réaliser les vêtements à coudre. Un tour de force que tout ça ? Pas tellement en fait car comme je l'ai déjà dit, cela faisait longtemps que j'avais envie de coudre une Datura et de me faire une Chardon dans un reste de tissu jean extensible, 2 patrons de Deer and Doe généreusement fournis par Téï (une fois encore merci merci merci, ils sont trop bien ces patrons).

Pour la Chardon, j'ai cousu le modèle à passants cette fois et je suis très fière de moi car j'ai fait les poches ! Si si, je vous jure, je les ai faites, moi qui les élimine systématiquement d'habitude parce que je suis une grosse fainéante. Mais Couturus a été inflexible. C'était poches obligatoire ! Comme je n'avais pas assez de jean pour ces fameuses poches et puis que je voulais un tissu tout doux. Ben oui, je vous rappelle qu'elle doit être printemps-été compatible cette jupe et quand il fait chaud, les tissus qui grattent, c'est moyen moyen ! Comme je voulais un tissu doux donc, j'ai fait ces poches et les parmentures en double gaze de coton (un reste d'un pantalon d'Azraël). Dans le genre doux, on fait pas mieux. Et parce que je la trouvais un peu courte, pour la rallonger, j'ai garni l'ourlet d'un volant de broderie anglaise.

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La jupe de dos et coté droit

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 Ma petite broderie anglaise

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 Et mes POOOOOOOCHES !!!!

Le résultat a été parfaitement à la hauteur de mes attentes, un petit truc sympa, confortable, parfait en hiver avec un collant épais en dessous et certainement très bien quand les jours seront plus chauds (mais là, ça reste à confirmer). Bon, c'est bien beau tout ça mais ma Chardon, elle est tout de même bleu de chez bleu, bleu jean quoi ! On est très loin de sentir l'effet Saint Patrick. Pour ça, j'ai misé sur la custumisation. D'abord, un appliqué Trèfle à 4 feuilles dans le tissu qui allait servir pour ma Datura afin d'avoir un ensemble coordonné (c'est qu'il fait les choses bien quand il s'y met le Couturus) et un reste de simili bleu ciel. Ensuite, une déco aux feutres Posca vert métallisé et argent constituée d'entrelacs et de trèfles à 3 et 4 feuilles.

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La jupe de face

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Gros plan sur la déco

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Un trèfle peint avec un peu de colle textile pailleté au centre et l'appliqué.

Pour la faire, je me suis inspirée de ce motif trouvé sur Pinterest (eh oui, Pinterestus continue de frapper, de plus en plus même, ça en devient inquiétant ! Vous aussi vous avez remarqué ?).

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Vraiment, j'adore cette jupe et je sens que je vais la mettre souvent. A présent le haut : la Datura. Alors là, soyons clair, une datura, c'est pas pour l'hiver à moins d'arriver à lui rajouter des manches mais perso, je sais pas encore faire ça ! N'étant pas très col claudine, j'ai opté pour la version ajourée de la bestiole que j'ai réalisé dans un adorable coupon de coton fleuri tons bleus offert par Téï quand on a fait connaissance et pour lequel je n'avais pas encore trouvé le vêtement qui m'inspire. Et à ce stade, je me rends compte qu'heureusement qu'elle était là, Téï, parce que sinon, j'aurais présenté quoi au défi de la Saint Patrick moi hein franchement ??? Bon,Téï, si je gagne un truc, je te dédie ma victoire promis juré craché (ah non ça, ça se fait pas !) ! Pour les finitions, j'ai remplacé le biais d'encolure par une jolie dentelle. Huuum, je me demande ? Dois-je être honnête ? Oui ? Non ? Bon allez, oui. J'ai pas opté pour la dentelle parce que c'était plus joli. Non non, j'ai opté pour la dentelle parce que :

  • je l'avais en stock donc rien à acheter,
  • j'avais beaucoup trop la flemme d'aller au magasin acheter du biais de toute façon,
  • et j'avais encore plus la flemme de poser un biais bien plié pour faire une belle encolure bien nette.

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Et puis j'aime beaucoup le rendu de ma dentelle alors vive la radinerie et la flemmardite aigüe ! Restait la question des boutons (puisque la Datura se boutonne dans le dos) et de la Saint Patrick. Ben oui, comme la Chardon, ma Datura bleue à petites fleurs ne faisait guère penser à la campagne irlandaise. Quoique ? Il y a sûrement plein de petites fleurs bleues en Irlande non ? C'est là que Fimus est entré en scène. Au départ, il voulait faire des boutons avec un motif arc en ciel histoire de casser l'uniformité des couleurs en ajoutant un peu de contraste et de peps. Et puis dans ses recherches pour trouver comment faire ces fameux boutons, il est tombé sur un tuto pour faire des canes à motif trèfle en dégradé de verts.

Regardes ça, ils seraient chouettes ces boutons arc en ciel non ?

(Un Fimus en grande discussion avec Couturus sur le choix du modèle de boutons à faire)

Oh oui, super vas-y

Oui mais regardes ça ! Ils seraient pas magnifiques ces boutons trèfles ?

Waouh si si. Tu peux faire ça si tu préfères.

Mais les boutons Arc en ciel, c'est sympa quand même.

Ben fais ceux-là alors.

Mais les trèfles sont trop beaux.

...

(silence quelque peu excédé de Couturus qui aimerait bien que Fimus se décide)

Rhaaaaa, je sais pas lesquels faire !

Non mais tu vas te décider à la fin ! T'as qu'à combiner les 2 et puis c'est tout !

Cette suggestion lancée d'un ton rageur a semble-t-il trouvé un écho favorable dans l'esprit de Fimus qui l'a appliqué à la lettre. Il a donc réalisé des feuilles de trèfles dans un dégradé aux couleurs de l'arc en ciel avant d'en faire des boutons.

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Pour aller, pour finir, quelques photos de l'ensemble porté.

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Datura sur la jupe

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et rentrée dans la jupe

C'est à ce stade que, devant cette débauche d'énergie Saint Patrickesse, Tricotus a décidé qu'il était grand temps pour lui d'y mettre son grain de sel. Abominablement vexé qu'on ne lui ai pas demandé s'il avait une idée concernant ce défi, genre réalisation d'ornements en laine verte, il a décrété que, puisqu'on ne le laissait pas participer au projet Couture, il faisait son propre projet Tricot de la Saint Patrick et qu'il allait écraser les pitoyables prestations de ses pitoyables cousins démoniaques (je vous jure que le pitoyable vient de lui, pas de moi, je les adore moi les réalisations de Couturus et Fimus). Et bien sûr, un Tricotus vexé est un Tricotus qui se lance dans un projet de longue haleine (presque aussi long que ce post) que t'es absolument pas sûre de terminer en temps et en heure (post tellement long que tu vas t'endormir avant la fin c'est certain) et qui nécessite un approvisionnement en laine histoire de commencer un nouveau stock (qui prendra bientôt les dimensions titanesques de ce message spécial Saint Patrick). Dans ce cas précis, il s'agit de la réalisation d'un châle islandais déjà tricoté, le Brennunjalfr, de dimension assez réduite heureusement. Et pour être dans le thème du défi, il a été réalisé aux couleurs de l'arc en ciel.

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Au départ, Tricotus pensait juste tricoter des bandes de 7 couleurs différentes pour rappeler les couleurs de l'arc en ciel mais par un heureux effet du hasard (oui, il le reconnaît, il l'a pas fait express mais ça tombe plutôt bien), la technique employée pour tricoter ce châle fait que les bandes de couleurs se courbent après blocage et prennent presque la forme d'un arc en ciel. Du coup, je trouve le rendu vraiment trop cool et Azraël ne cesse de lorgner dessus.

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Piiiioouuuu, nous voilà au bout. Et tu as tenu jusque là ! alors là, bravo !

Et si tu veux voir les autres participations au défi, c'est par ici.

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jeudi 16 mars 2017

La Puce revient de croisade

Oyé oyé gentes dames et gentils seigneurs, le chevalier La Puce est enfin de retour des croisades ! Mais oui ami(e) lecteur(trice), souviens-toi ! Au mois de novembre dernier, le chevalier La Puce avait entrepris une croisade afin de terrasser le terriiiiible dragon Administration et la sorcière MDPH. Non, tu te rappelles pas ? Bon alors va lire ça pour les détails. Sinon, en résumé et pour faire court (qui vient de dire que je suis incapable de faire court ? Qu'il ose se dénoncer pour voir !), on s'était aperçu en début d'année scolaire que Gargamel était sensé quitter son ULIS École en juillet sans avoir aucune place dans un quelconque établissement pour la prochaine rentrée sachant que, pour lui avoir une place quelque part, les délais d'attente varient de 2 à 4 ans selon l'établissement spécialisé envisagé. En gros, c'était l'angoisse et nous nous étions quitté sur un insoutenable suspens.

Aujourd'hui, après plusieurs mois de combats titanesques dignes d'une super production hollywoodienne, nous allons enfin entamé un nouveau chapitre de notre conte de fée. Le prince Gargamel va-t-il pouvoir poursuivre son éducation princière ? Le chevalier La Puce va-t-il découvrir la cachette du Saint Graal ? Notre conte de fée va-t-il avoir une fin heureuse ? Est-ce qu'il y aura de la mousse au chocolat à la courgette pour le désert ce soir ? Vous le saurez en lisant ce qui suit.

Le chevalier La Puce était donc parti en croisade, assisté de l'enchanteresse Enseignante Référente et de la bonne fée Super Ortho mais lâchement abandonné par l'enchanteur Hôpital de jour. Si l'objectif a long terme du chevalier était de trouver le Saint Graal (pour mémoire à ceux qui se poserait la question, le Saint Graal est une place en IMPro pour le prince Gargamel pour ses 14 ans soit dans 4 ans maintenant), l'urgence restait de lever le mauvais sort lancé par le dragon Administration et la sorcière MDPH, un mauvais sort visant à priver notre petit Prince du droit de poursuivre son éducation princière auprès de Maîtresse Adorée. La lutte fut acharnée, presque désespérée par moment. Affaibli par l'absence de l'enchanteur Hôpital de jour, seul enchanteur du royaume à connaître la formule magique du "Bilan d'évaluation", le pauvre chevalier La Puce ne dut son salut qu'à un contre-sort lancé par une copine fée de Super Ortho, le "Bilan cognitif". Armé de la formule idoine, notre chevalier s'élança vaillamment sur le champ de bataille jonché de papiers bouillons et autres tentatives de dossier MDPH avortés, taillant dans le vif à grand coup de plume affûtée. L'encre coulait à flot (tout comme les carrés de chocolat noir à 90% parce qu'on trouve le réconfort où on peut quand on est au régime IG bas), Administration semblait mortellement blessé mais MDPH faisait encore de la résistance quand soudain .... mais oui, cette lumière si pure, ces trompettes qui résonnent ... c'était bien cela, la victoire était acquise. Le dragon Administration était vaincu et la sorcière MDPH venait de s'incliner.

Après un combat héroïque, notre preux chevalier revenait donc de croisade auréolé de gloire (et les yeux tout humides de larmes de soulagement). Le petit prince Gargamel allait pouvoir rester à l'académie royale ULIS école. Mieux encore, s'il n'avait pas découvert le Saint Graal, La Puce rentrait avec une carte au trésor indiquant le possible emplacement de ce dernier (ou encore, en langage ordinaire, une notification permettant d'entreprendre les démarches administratives en vu de la poursuite de la scolarisation de Gargamel.

Autrement dit pour ceux qui auraient un peu de mal avec les contes de fée, j'ai remporté cette première bataille. On a gagné un an pendant lequel Gargamel va pouvoir rester dans sa classe actuelle et grâce à ma notification, je devrais pouvoir dès à présent entamer les démarches pour lui trouver une place dans un établissement spécialisé pour la rentrée 2018 (ça fait juste niveau délai mais au moins, c'est jouable cette fois). Bref, la guerre n'est pas encore gagné mais ça ne m'empêche nullement de savourer cette victoire. Avec un peu de chance, je vais même pouvoir recommencer à dormir la nuit (non parce que même si c'est sympa d'avoir des soirées assez longues pour enchaîner cuisine, couture, tricot et lecture d'un harlequin entier, faire des nuits de 3-4 heures maxi à la longue, ça fatigue un chouia quand même).

Bon allez, c'est pas tout ça, mais j'ai des enchanteurs et des fées à prévenir moi, histoire de préparer la suite de cette petite guerre d'usure. Haut les coeurs, on va y arriver ! Dans la vie, faut jamais jamais jamais désespérer ! Même s'il n'y a pas de mousse au chocolat à la courgette au dîner mais bon, on peut pas tout avoir non plus !

on la fait

Oui oui oui, on l'a fait, on l'a eu, on a gagné !

Glossaire à l'usage du parent débutant qui se demande bien ce que c'est qu'un bilan d'évaluation et un bilan cognitif.

Bilan d'évaluation (ou compte-rendu c'est pareil) : document d'une ou plusieurs pages sur lequel l'hôpital de jour note l'évolution de l'enfant, les points forts, les points faibles et donne son avis sur la suite du traitement et l'orientation scolaire à envisager, voir, quand on est super veinard, pose enfin le diagnostic du handicap dont il souffre. Autant dire que si vous n'en avez pas à joindre à votre dossier MDPH, vous entamez sérieusement votre capital "chance de succès".

Bilan cognitif : c'est un bilan réalisé par une psychologue homologuée pour ce type de bilan (sans être un oiseau rare, ça se dégote pas comme ça) et qui coûte bonbon. Perso, j'ai dû débourser 300€ pour le mien (enfin, celui de Gargamel). Ce bilan permet d'évaluer votre enfant sur le plan cognitif, c'est-à-dire ses capacités à s'exprimer, à raisonner, à apprendre etc ... En gros, ça ressemble à un test de QI, ça peut en être un mais pas forcément, tout dépend de la nature et du niveau de handicap. Sans un tel bilan, jamais la MDPH ne se prononcera sur une orientation scolaire puisqu'il va définir la capacité d'apprentissage de l'enfant.

En résumé, pour une orientation scolaire, un bilan cognitif est indispensable, le bilan d'évaluation de l'hôpital de jour est un plus indéniable mais si vous êtes à court d'énergie, c'est sur le premier qu'il faut se battre pour l'obtenir. Le second est nettement moins indispensable, surtout si d'autres professionnels de santé suivent votre enfant et vous donne leur propre bilan à verser au dossier.

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lundi 13 mars 2017

Une histoire de coussin

Parfois, j'ai de drôles d'idées ! Si si, faut être réaliste dans la vie.  Je suis quand même un peu bizarre (même si ma horde démoniaque me soutient le contraire) alors parfois, mais parfois seulement fort heureusement, au détour d'un blog, j'ai une idée qui me vient, là, comme ça, et qui refuse de me lâcher jusqu'à ce qu'elle se soit faite exploiter.

C'est ce qui est arrivé il y a quelques temps alors que j'admirais les dernières poupées cousues par Mia. Mia, elle est vraiment trop forte pour les poupées et autres bestioles cousues ou crochetées (je suis admirative devant son potager crocheté). Azraël ne s'y est d'ailleurs pas trompé qui ne lâche jamais Licorne arc en ciel gentille (qu'on peut admirer ici) ni Lou arc en ciel gentil / Lou méchant (ça dépend de l'air du temps et du sens du vent) ni Balthazar (tiens, je comprends pas ! Où est passé le arc en ciel ?) que je vous envoie admirer sur son blog vu que j'ai toujours pas réussi à trouver le temps de prendre tout ça en photos (y arriverais-je un jour, mystère !), une opération d'autant plus difficile qu'Azraël planque ses peluches quand il ne dort pas avec, histoire que son frère ne puisse pas les lui piquer.

Bref, j'étais tranquillement en train d'admirer sa sirène quand tout à coup :

Dis donc, mais ça ferait un super coussin ça !

Hein, mais de quoi tu parles Couturus?

Ben oui regarde la forme un peu carré !

(bon alors, finalement, les idées bizarres ne sont pas de moi, ça me rassure et Couturus a visiblement besoin de lunettes ce qui ne me rassure pas du tout)

Ça serait parfait pour tenir compagnie au coussin Hibou !

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Non mais vous voyez une forme carrée vous ? Pardon Mia, je t'ai piqué une photo !

Et alors là, j'aime autant vous dire que c'est têtu un démon couturier. Et tenace aussi ! Alors dès que mon châle de la Saint Patrick a été terminé, on s'y est mis. J'ai pioché dans mes chutes de tissu minky histoire de faire un coussin tout doux, je me suis collée la magnifique photo de la sirène de Mia sous le nez et hop, j'ai pondu un patron de sirène qui aurait bien besoin d'un petit régime amaigrissant vu son tour de taille !

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Maman, pourquoi elle veut me faire des bisous la sirène ? Oui, je ne suis pas la seule à avoir des idées bizarres apparemment.

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De dos comme de face, y a pas, elle est boudinée cette sirène quand même.

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Ooooh, regardez les faire leurs timides. Mais faut pas voyons !

Les monstros l'ont tout de suite adopté et elle est rapidement allé retrouver ses petits camarades coussins, sur la banquette derrière le canapé. Ben oui, car si les monstros aiment beaucoup les coussins, c'est surtout pour les mêmes en tas dans des endroits pas possibles, les jeter par terre ou se faire des batailles de polochon. De toute façon, avec un coussin hibou, 2 gros chiens, un requin, 2 nounours, un cochon et un ours géant, elle est en bonne compagnie et ne risque pas de s'ennuyer. Et moi, j'ai éclusé plein de chutes de tissus dans l'histoire car une bonne partie de mes chutes de minky a fini en garnissage dans le coussin !

Allez, haut les coeurs, encore une vingtaine et j'aurai fait suffisamment de place dans mes placards pour me réapprovisionner sans complexe (huuum, Couturus me signale que c'est bien trop long et que personnellement, il ne complexe pas du tout).

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vendredi 10 mars 2017

Azraël prépare son book

Eh oui, c'est qu'il a de l'ambition le Azraël. Il réfléchit intensément à son avenir. Quel métier va-t-il bien pouvoir exercer plus tard ? Bien évidemment, comme tous les petits garçons du monde, il a voulu être policier, pompier et astronaute, tout ça en même temps bien sûr. Plus récemment, c'était cuisinier et super héros avant de demander à aller à l'école des Pères Noël pour devenir Père Noël. Bon, là, j'ai dû expliquer qu'il n'y avait qu'un seul Père Noël mais qu'il pouvait devenir assistant Père Noël. C'est que ça le travaille à fond en ce moment cette histoire de père Noël vu que ses petits camarades de classe cherchent avec obstination à lui briser ses illusions. Nan mais vraiment de quoi je me mêle là !

Brefle, c'est pas le sujet. Dernièrement, une nouvelle vocation est apparue, un métier pour lequel il s'entraine tous les soirs, photographiant ensuite ses créations afin de constituer son book et pouvoir intégrer la plus prestigieuse école possible et briller au firmament des plus grands ..... TADAM .... Coiffeurs ! Et oui, tous les soirs, j'ai l'immense honneur de servir de tête à coiffer pour Azraël Provost.

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Coiffure bohémienne à couettes

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Queue de cheval plus classique

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avec le détail qui tue : la mini pince fleur à strass !

Alors, elles sont pas formidables ces coiffures ? Ne suis-je pas resplendissante ? Bon, Azraël m'a quand même bien fait comprendre qu'en tant que tête à coiffer, j'avais beau être la plus belle grâce à lui (oui, Azraël a une confiance inébranlable en ses talents de coiffeur), j'avais quand même quelques limitations. En particulier, n'étant pas dotée d'un bouton permettant de faire pousser instantanément les cheveux (celles et ceux, ne soyons pas sectaire, qui ont eu une poupée dotée d'une chevelure rétractable doivent voir de quoi je parle), on m'a clairement fait comprendre qu'il m'était dorénavant interdit d'aller chez le coiffeur pour me faire couper les cheveux. Je dois les laisser pousser et jusqu'aux pieds s'il vous plaît. Attendez un peu et dans quelques mois, mon surnom va passer de La Puce à Raiponce vous allez voir ça !

Bon allez, c'est pas tout ça mais faut que je file dare dare me coudre une robe de soirée assortie à mes superbes coiffures pour arpenter fièrement sur les podiums moi ! C'est qu'il faut impérativement les mettre en valeur ces formidables coiffures. Mais au pire, s'il ne perce pas dans la coiffure, il fera peut-être une carrière de photographe !

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